Mémoire sur les violences conjugales en contexte migratoire en travail social

Cet article présente une introduction d’une élève assistante sociale qui a réussi à valider avec succès le DC2 du DEASS à travers un mémoire qu’elle a réalisé autour de la problématique des violences faites aux femmes migrantes en lien avec l’interculturalité.Cette entrée en matière, très pertinente, permet de mieux saisir en quoi ces formes de maltraitances spécifiques aux femmes immigrées posent question dans la pratique professionnelle des travailleurs sociaux en général. En effet, les Conseillers en économie sociale et familiale (CESF)éducateurs spécialisés (ES) ou éducateurs de jeunes enfants (EJE), dans leur mémoire, sont également amenés à traiter ce sujet.  
Vous trouverez également le cheminement de cette étudiante DEASS qui a pu élaborer une réflexion pertinente permettant de construire une question de départ tout à fait adaptée à l’exploration de cette thématique récurrente dans les services sociaux qui accueillent un grand nombre de femmes migrantes
Enfin, elle a également tenu à confronter le phénomène des violences conjugales à un mode d’intervention qu’on appelle l’interculturalité afin d’appréhender avec un regard distancé le traitement de la problématique des violences faites aux femmes en contexte migratoire


COMMENT RÉDIGER UN MÉMOIRE CESF, DEASS, DEES, OU DEJE SUR LES VIOLENCES CONJUGALES ? BESOIN D’AIDE ET D’UNE GUIDANCE PRIVÉE POUR RÉUSSIR À VALIDER VOTRE RECHERCHE ET VALIDER LE DC1 OU LE DC2?

Plusieurs étudiants me sollicitent afin d’être soutenus dans la rédaction de leur mémoire ou de leur DPP. Pour ma part, je propose des services de relecture, de correction et de réécriture de vos écrits en formation de travail social. 
Ainsi peu importe votre niveau de départ, je peux vous coacher afin d’intégrer la méthodologie de recherche.
Enfin, après avoir rendu votre mémoire, l’ASI ou l’ISIC, n’hésitez pas à me contacter pour une préparation à l’oral DC1 ou dans la mise en forme de votre plan pour la soutenance DC2. En effet, il est tout à fait possible de cartonner même en étant timide de nature à condition que le trame de votre soutenance orale et que vos réponses au jury soient bien construites. 
Bon courage dans la finalisation de vos écrits ! 


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INTRODUCTION D’UN MÉMOIRE SUR LES VIOLENCES CONJUGALES CHEZ LES FEMMES MIGRANTES


1 Les constats de départ 

Les violences dans les relations intimes sont « un ensemble de comportements, d’actes, d’attitudes, de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et à dominer l’autre. Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, répétées ou amenées à se répéter, portant atteinte à l’intégrité de l’autre et même à son intégration socioprofessionnelle » (Amnesty International, 2015).Au regard des chiffres mis en lumière il semble aisé de comprendre que ce phénomène représente un enjeu de santé publique ce qui a d’ailleurs été confirmé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En effet, cette institution met en évidence le caractère spécifique des violences conjugales et notamment les conséquences qu’elles engendrent sur la santé même lorsque les actes ont cessé. Ainsi, il apparaît que le processus de pouvoir et de domination inhérent à ces violences a instauré des rapports de dépendance voire d’assujettissements de la femme mettant à mal son développement identitaire et son libre arbitre. 
Dès lors, nous comprenons que les violences conjugales affectent fortement le parcours de vie des femmes concernées et complexifie leur traitement par les professionnels de l’action sociale chargés de les soutenir et de leur apporter des solutions.  De plus, parmi ce public déjà fragilisé il existe une frange qui semble particulièrement vulnérabilisée par ce phénomène, il s’agit des femmes migrantes.
 En effet, celles-ci lorsqu’elles sont confrontées à ces violences peuvent également faire l’objet d’un parcours migratoire complexe, d’une difficulté à communiquer en raison de la barrière de la langue ainsi que d’une méconnaissance des droits et des structures d’informations et d’orientation freinant ainsi leur émancipation.Ces aspects sont exacerbés lorsque ces femmes sont en situation irrégulière sur le territoire ou que le renouvellement de leur titre de séjour pour motif « vie privée et familiale » est conditionné par la présence auprès du conjoint et de la poursuite de la vie maritale. 
A ce propos, une assistante de service social de secteur interrogée dans le cadre cette pré enquête explique que « lorsque je reçois des femmes immigrées qui ne sont pas régularisées et qui me confient être victimes de violences de la part de leur conjoint je suis assez démunie car peu de dispositifs existent pour les aider à s’extraire de l’environnement dans lequel elles vivent et qu’elles subissent.  En plus, elles sont souvent isolées, n’ont pas de ressources, pas de réseau leur permettant d’être hébergées. Elles se sentent prises au piège car elles se disent qu’en quittant leur domicile elles n’auraient pas de moyens de subsistance, de logement et de possibilité de poursuivre la demande de régularisation ». Ce que nous révèle cette professionnelle met en lumière la complexité dans laquelle peuvent se trouver ces femmes migrantes qui lorsqu’elles parviennent à mettre des mots et échanger sur leur vécu et leur quotidien sont freinées en raison des aspects matériels. 
Par ailleurs, la question de la migration est au cœur des débats actuels et la France accueille chaque année 200 000 étrangers issus des pays tiers à l’Union européenne dont 111 000 environ s’installent durablement sur son territoire. Parmi ces personnes, des femmes ont rejoint leur époux souvent dans le cadre d’un regroupement familial ou alors suite à une rencontre en France alors qu’elles étaient en situation irrégulière. Leur régularisation a été permise par cette relation conjugale qui peut, en cas de violences conjugales, les positionner dans une relation de dépendance vis-à-vis de l’homme puisque la délivrance et le renouvellement du titre de séjour sont conditionnés par une poursuite de la communauté de vie (article 12, loi 2003 sur le regroupement familial et la communauté de vie). 
En conséquence et au regard de ces premiers constats il apparait une réelle utilité sociale dans le cadre de la pratique professionnelle à pouvoir être en mesure d’appréhender les enjeux qui découlent de la situation des violences conjugales dans un contexte migratoire où la femme immigrée dispose de peu de marges de manœuvre dans son émancipation et dans l’extraction de ce climat de tensions et de conflits. Pourtant, ces dernières bien que limitées par un statut administratif instable sont en capacité de déployer leurs ressources afin d’évoluer de façon favorable en dehors de ces violence à condition de ne pas restreindre la vision de cette problématique à travers le seul prisme des difficultés qu’elles sont susceptibles de rencontrer (Morokvasic, 2008)


2 Les motivations ayant suscité l’intérêt du sujet 


La question de l’appréhension et du traitement des violences faites aux femmes migrantes est abordée de façon récurrente dans la pratique professionnelle des assistants de service social, des CESF ou des éducateurs qui accueillent ce public que cela soit dans le cadre de structures spécialisées ou en service social polyvalent de secteur. Me concernant, j’ai été sensibilisée à cette thématique lors de mon stage de deuxième année qui s’est déroulé au sein d’une association qui accompagne les femmes en couple avec des hommes en détention. Dans ce contexte et au cours des échanges celles-ci parvenaient à verbaliser à ma référente et moi-même qu’elles avaient subi des violences psychologiques, physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint avant l’incarcération. Dès lors, je me suis interrogée face à ces éléments en me demandant pourquoi ces femmes restaient engagées avec leurs partenaires alors que ces derniers étaient détenus et qu’elle pouvait par conséquent engager des démarches permettant de ne plus côtoyer le conjoint et s’émanciper.
Puis le stage qui s’est déroulé en troisième année a été riche en questionnements puisque, à nouveau, j’ai été confrontée aux migrantes subissant des violences conjugales. J’ai ainsi pu mesurer la détresse qu’elle vivait voire la double peine puisqu’au-delà de la situation d’emprise celle-ci se trouvaient dans un isolement social et relationnel. Souvent, la famille est restée dans le pays d’origine et pour ces femmes, dont le parcours est souvent idéalisé par ses proches restés sur le territoire, il est compliqué d’aborder ces difficultés tant la pression exercée sur elle semble prendre une place primordiale. 
En définitive, à travers cette recherche je souhaite démontrer que les femmes migrantes confrontées à des violences conjugales rencontrent des obstacles spécifiques qu’il convient d’interroger et d’appréhender en vue d’apporter une aide et un soutien adaptés. En effet, le fait d’être en capacité de connaitre les facteurs sociaux et culturels de ce public permet de pouvoir intervenir en prenant en compte toutes les dimensions inhérentes à l’analyse de ces situations. 
Cette réflexion engagée m’amène à formuler la question de départ suivante : 
De quelle manière le traitement des violences conjugales se pose-t-il pour les femmes migrantes primo-arrivantes en France dans le cadre d’un regroupement familial ? 

Pour explorer cette question de départ mon mémoire de recherche sera rédigée de la façon suivante : 

  • La première partie qui est la phase exploratoire, s’articule en trois chapitres, et repose sur les bases de ma recherche à travers les différentes approches disciplinaires, les fondements théoriques ainsi que la compréhension donnée aux termes et notions utilisés. Aussi, l’observation participante et les entretiens issus de l’enquête de terrain menés à la fois auprès des professionnels et des femmes victimes de violences y seront incorporés.
  • Le premier chapitre s’intéresse à la contextualisation du parcours des femmes migrantes en visant notamment les difficultés qu’elles rencontrent dans leur intégration à la société d’accueil.
  • Le deuxième chapitre met en perspective le phénomène des violences conjugales en général puis les problématiques et les obstacles spécifiques auxquels sont confrontées les femmes. 
  • Le troisième chapitre, quant à lui, présente la façon dont les femmes immigrées sont amenées à solliciter les services sociaux et comment les professionnels ont pu mettre en œuvre des interventions auprès d’elles dans la prise en compte de leur singularité. Nous aborderons notamment la question des freins culturels et des difficultés rencontrées par les travailleurs sociaux dans leurs pratiques professionnelles confrontées au contexte migratoire et à l’interculturalité
  • La deuxième partie, à la lumière des résultats obtenus, m’a permis de mettre en évidence la problématique majeure de ce travail ainsi que l’élaboration d’une question de recherche, d’une hypothèse et d’outils de vérification. Enfin, je conclue ce mémoire avec les apports de cette expertise sociale sur le plan professionnel.

J’espère que cet article relatif au traitement des violences conjugales subies par les femmes migrantes vous a permis de mieux appréhender ce phénomène. 

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