Mémoire sur les enfants témoins des violences conjugales

Cet article met en lumière à travers une introduction sur le phénomène des enfants témoins des violences conjugales et les conséquences à l’âge adulte. En effet, quand ces derniers sont les observateurs silencieux de ces maltraitances ils peuvent être impactés dans leur trajectoire sociale et leur construction identitaire. Cette étudiante a ainsi fait le choix d’orienter son objet de recherche sur la notion de victime de ces enfants qui évoluent dans un milieu familial où la violence est récurrente dans la relation de couple. 
Une CESF avait également exploré un sujet similaire en mettant en évidence l’influence de l’observation de ces violences conjugales pour un enfant et comment celles-ci peuvent l’amener à reproduire les mêmes actes observés. Il s’agit là d’une autre thématique, c’est pourquoi en tant qu’étudiant vous devez cibler votre question de départ pour ne pas vous éparpiller. 
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QUEL IMPACT POUR LES ENFANTS TÉMOINS DE VIOLENCES CONJUGALES ? 

Introduction d’un mémoire sur l’influence des violences conjugales sur le développement de l’enfant et ses conséquences sur son identité

1) Les constats de départ
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la violence conjugale comme « tout acte de violence au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles aux personnes qui en font partie ». La violence conjugale se démarque ainsi de la notion de conflit conjugal qui implique un désaccord ponctuel entre deux personnes positionnées au même niveau dans l’interaction. Dans la première forme, l’un des protagonistes, le plus souvent l’homme, nie à l’autre sa qualité de sujet.
La définition apportée par l’OMS relative aux violences au sein du couple inclut différentes formes de violence. Ainsi, peut-on distinguer « les actes d’agression physique, comme des gifles, des coups de poing, des coups de pied ; la violence psychologique, comme le recours à l’intimidation, l’humiliation et au rabaissement constant ; les rapports sexuels forcés et autres formes de coercition sexuelle ; divers comportements autoritaires ou tyranniques, comme d’isoler une personne de sa famille et de ses amis ou lui restreindre l’accès à une information ou à une assistance». La violence conjugale existe dans tous les pays et tous les groupes sociaux, économiques, religieux et culturels. Les violences entre deux conjoints peuvent, à la fois, être exercées par un partenaire sur sa conjointe, par la femme sur son partenaire ou dans le cadre d’une relation homosexuelle. Néanmoins, dans la grande majorité des cas, celles-ci sont exercées par l’homme sur sa partenaire féminine et constituent une des formes les plus courantes de la violence conjugale.  
Selon l’enquête « Cadre de vie et sécurité » en collaboration avec l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et  l’INSEE, on estime en France en 2014, que 223 000 personnes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales dans ses formes les plus graves (violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex -conjoint). Dans 88% des cas, la victime est une femme (72 873 faits). Parmi elles, 14% ont déposé plainte. Le taux de plainte varie selon la nature des violences commises. En effet, les violences physiques peuvent être davantage reportées que les violences verbales, sexuelles ou psychologiques qui font l’objet d’un tabou social persistant. Les victimes de violences conjugales estiment à 68% que ces violences ont eu des répercussions très importantes sur leur santé psychologique et, à 54%, qu’elles ont entraîné des perturbations dans leur vie quotidienne. 
Ainsi, nous comprenons que la problématique des violences conjugales est particulièrement préoccupante au regard des chiffres précédemment cités. Il apparaît que l’influence sur le devenir des victimes est réelle en raison du caractère multidimensionnel de ce phénomène. En parallèle et notamment dans le champ du travail social, il est récurrent de se préoccuper des situations de maltraitance sur enfants lorsque ceux-ci sont mis à mal par un parent violent. Pourtant, il reste une catégorie sensiblement plus invisible que celles citées précédemment et qui concerne l’existence d’enfants témoins de violences conjugales.  En effet, selon l’INSEE, en 2014, 143 000 enfants vivent dans des ménages où un des adultes est victime de violences conjugales, physiques et/ou sexuelles. 
Si les personnes victimes de violences conjugales bénéficient d’un accompagnement socio-psychologique, ce n’est pas toujours le cas pour les enfantsLa sociologue Nadège SEVERAC met l’accent sur« l’insécurité, dont sont victimes les enfants dans un tel contexte. Leur équilibre et leur santé sont mis à mal par le climat, qui règne au sein du foyer, véritable expression du mal-être dans lequel ils évoluent ». Elle ajoute également que dès la grossesse, le fœtus peut être exposé psychologiquement par l’état de mal-être de sa mère, mais également physiquement si celle-ci reçoit un coup dans le ventre. 
Puis dans l’enfance, ils peuvent être les témoins oculaires des coups donnés par l’agresseur ainsi que témoins auditifs si les violences se déroulent dans une autre pièce à l’abri de leurs regards. Ils peuvent aussi être des victimes indirectes s’ils tentent de s’interposer. Enfin, l’enfant peut-être témoin par procuration de ces violences conjugales, de par les tensions dans le foyer, du mal-être de son parent victime de violences conjugales. De plus, selon le rapport HENRION, la violence, dont les enfants peuvent être témoins, a les mêmes effets que s’ils étaient victimes directes. Outre les conséquences immédiates, il existe aussi des conséquences qui seront visibles lorsque ces enfants seront à l’âge adulte. Leur principal modèle ayant été la violence, il est probable qu’ils deviennent violents en grandissant : « La violence est banalisée, à l’exemple de leur vécu familial, elle risque de devenir le mode préférentiel de résolution des conflits et frustration »
En conséquence et à la lumière de cette littérature nous pouvons supposer que lorsque les enfants sont exposés à des violences conjugales, des traumatismes peuvent survenir tout au long de leur construction identitaire. Certains d’entre-deux, s’ils ne sont pas protégés de façon précoce peuvent être susceptibles de développer des troubles intériorisés ou extériorisés en lien avec la santé physique ou psychique ainsi que des retentissements sur le développement

2) L’intérêt du sujet 
L’impératif de la prise en compte de l’exposition des enfants aux violences conjugales est partagé par les professionnels et notamment ceux exerçant dans le secteur de l’action sociale. En effet, ce phénomène a un impact réel sur le développement psycho-social de l’enfant et sa construction identitaire. C’est pourquoi tout au long de mon cheminement de ce mémoire autour de la thématique de la place de l’enfant dans les violences conjugales, je me suis questionnée sur divers aspects à savoir les conséquences sur l’enfant à différents âges, les troubles occasionnés par cette violence, ainsi que la relation parent/enfant dans ce contexte. 
Du fait que les femmes soient majoritairement représentées dans ce phénomène de violences conjugales, j’ai fait le choix dans ce mémoire d’explorer la question des enfants exposés aux violences conjugales lorsque celles-ci sont subies par la mère.
Lors de mes différents stages, j’ai pu découvrir, observer et appréhender cette problématique. Durant mon stage de première année dans un collège, plusieurs élèves ont exprimé des situations de violences conjugales subies par leur mère. Ceux-ci présentaient pour la plupart un fort taux d’absentéisme ou des actes de violences commises sur leurs camarades. Un élève suivi par l’assistante sociale scolaire en raison d’un fort taux d’absentéisme justifie ainsi ses absences auprès de ma référente de stage : «Faut que je reste à la maison la journée pour défendre ma mère. Mon père est au chômage depuis trois mois et quand je ne suis pas là, il passe ses nerfs sur elle. Quand je vais au collège, je sais ce qu’il se passe derrière moi et je n’arrive pas à me concentrer sur les cours». Dès lors, j’ai commencé à me questionner sur les conséquences de la violence conjugale sur les enfants qui en sont témoins.
En deuxième année, j’ai effectué mon stage au sein d’une association œuvrant dans le champ de l’insertion par le logement. Pendant ce stage, j’ai de nouveau été confrontée à cette problématique. Je me souviens d’un mercredi après-midi alors que mon référent de stage CESF et moi-même étions en visite à domicile dans le cadre d’un accompagnement social lié au logement, les enfants du couple que l’on accompagnait jouaient au papa et à la maman dans leur chambre. Tout à coup, le garçon âgé de  six ans se met à hurler sur sa sœur « Tu n’as pas préparé le dîner petite conne ? Tu sais bien que quand je rentre du travail je veux que le dîner soit prêt ! ». Les parents ont été témoins de cette scène, mais aucun d’eux n’a réagi, comme si le discours du petit garçon était normal. Pour ma part, je me suis questionnée sur transmission de schémas familiaux par les parents à leurs enfants.
Mon stage de troisième année réalisé auprès d’une CESF en service social départemental m’a également confrontée à cette problématique. Plusieurs des accompagnements sociaux que je réalisais dans le cadre de ce stage étaient des situations de violences conjugales. Souvent les femmes me confiaient leurs inquiétudes quant au mal-être de leur enfant. Une dame m’a raconté que son enfant de trois ans s’interposait entre elle et son mari lorsque ce dernier lui portait des coups. Une autre s’inquiétait de l’image que l’enfant avait de son père, auteur des violences.
Ces entretiens ont été les éléments déclencheurs de mon intérêt pour le sujet. Dès lors, j’ai commencé à me questionner sur la place des enfants évoluant dans ce contexte, les incidences de cette exposition sur les enfants.
En ce sens et à l’issue de mes lectures sur cette problématique et des observations issues de mes différents terrains de stages, j’ai fait le choix de poser la question de départ suivante : 
Dans quelle mesure l’exposition à des violences conjugales impacte le développement de l’enfant et sa construction identitaire  ? 

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