Exemple d’un Accompagnement Social Individuel (ASI) avec un plan d’action

Vous êtes nombreux à m’avoir demandé en MP un exemple et une méthodologie de la partie plan d’action d‘un Accompagnement Social Individuel (ASI) qui fait suite au recueil de données et à l’analyse de la situation que j’avais déjà publiés sur le site. Je ne voulais pas laisser de suspense c’est pourquoi je vous présente aujourd’hui la suite de ce projet social individuel réalisé en filière assistant de service social. . 
N’hésitez pas à vous inspirer de cette méthodologie pour rédiger votre ASI qui convient aussi bien aux étudiants en formation DEASS qu’aux CESF

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Accompagnement pour les CESF
Accompagnement à destination des étudiants en travail social

Si malgré les nombreux articles que j’ai publiés sur le site vous rencontrez toujours des difficultés dans l’écriture de vos situations sociales individuelles ou collectives n’hésitez pas à me contacter. Nous pouvons réfléchir ensemble à la façon de retranscrire les modalités de vos accompagnements sociaux afin répondre aux attendus du DEASS et DECESF

Bon courage !
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UN EXEMPLE D’UN PLAN D’ACTION DANS UN ASI (assistant social et CESF)

IV La construction du projet personnalisé ASI

Durant ces cinq mois d’accompagnement, j’ai rencontré séparément Monsieur six fois et Madame huit fois. En parallèle, j’ai mené quatre entretiens avec tous les membres de la famille.Les objectifs de travail ont été construits conjointement avec le couple en tenant compte de leur rythme et de leur demande. A la fin de chaque entretien nous avons négocié tous les axes de travail et je les ai impliqués en leur expliquant ce que je leur confiais comme démarches et ce que je réalisais moi-même de mon côté. Les différentes actions ont été formalisées dans le projet personnalisé de la famille qui est annexé au contrat de séjour. Ces documents ont été signés par le couple en présence du chef de service et moi-même dans le cadre de leur renouvellement d’hébergement qui a lieu tous les six mois.

1 Le plan d’action ASI établi en accord avec le couple

  • L’axe soutien à la parentalité : il s’agissait de mener un travail en complémentarité avec la référente qui accompagne la famille dans le cadre de l’AEMO afin de soutenir le couple dans sa fonction parentale.
  • L’axe restauration du lien social : il était convenu d’aider Madame à rompre son isolement grâce à la recherche conjointe d’activités à l’extérieur
  • L’axe insertion professionnelle : ce dernier axe s’est traduit par la recherche de formations qualifiantes et d’emplois temporaires en lien avec les projets du couple

2 La mise en œuvre des actions dans le cadre de l’ASI

Au regard du travail mené en complémentarité avec la référente de la famille chargée de la mesure AEMO : Il m’a semblé pertinent de proposer à la famille ainsi qu’à leur référente AEMO que nous nous réunissions afin d’envisager, de façon concertée, des solutions quant aux différents problèmes rencontrés par le couple et Joël. Aussi, j’ai proposé dans un premier temps l’aménagement d’un espace de jeux dans la chambre de l’enfant. Ce dernier a pu investir cette pièce ce qui lui a permis, d’une part, d’avoir ses repères dans ce nouvel espace. D’autre part, ce nouvel agencement a donné l’opportunité aux parents de retrouver des moments calmes et d’échanges entre adultes dans le salon.
Dans un deuxième temps, concernant les difficultés de Joël à s’endormir le soir nous avons échangé avec le couple de la manière d’instaurer un rythme au jeune garçon. Je leur ai demandé ce qu’il semblerait pertinent de mettre en œuvre pour améliorer cette situation et Madame a réagi en expliquant qu’elle allait à présent tenter de réveiller plus tôt l’enfant et l’amener à faire une sieste en début d’après-midi. Aussi, le couple a équipé la chambre de Joël d’une veilleuse afin qu’il s’endorme plus facilement la nuit, sans la présence de son père. 
Le passage à ce nouveau rythme s’est réalisé par étape tout au long de l’accompagnement.
Par ailleurs, Joël, qui a plus de trois ans et qui n’a pas de contacts réguliers avec l’extérieur et les enfants de son âge, montre un grand intérêt aux personnes qu’il rencontre et communique facilement avec l’équipe du CHRS. J’ai ainsi discuté avec le couple d’une façon d’amener le jeune garçon vers plusde relations en dehors de la structure. J’ai proposé une inscription à la maternelle pour la rentrée 2012. 
Madame s’est montrée enthousiaste contrairement à Monsieur qui semblait plus réticent à l’idée de ne plus s’occuper de Joël les journées. J’ai compris que Monsieur appréciait passer du temps avec son fils et je lui ai expliqué que dans une optique de socialisation de l’enfant il paraissait important qu’il soit scolarisé. En parallèle, j’ai mis en avant le fait que s’il souhaite reprendre un emploi, cette scolarisation permettrait de dégager du temps au couple pour diverses démarches. 
Finalement, Madame et Monsieur ont compris l’intérêt pour Joël d’être scolarisé et ont entrepris les démarches à la mairie du quartier pour inscrire l’enfant. Au cours de l’accompagnement, Madame s’est rendue à la Protection Maternelle et Infantile (PMI) afin de réaliser un vaccin pour Ana. Elle y a vu une affiche proposant des ateliers créatifs entre parents et enfants mais n’a pas osé demander davantage de renseignements aux professionnels de l’institution. Évaluant la pertinence de ce choix et des effets positifs qui pouvaient en découler, j’ai ainsi proposé à Madame que nous prenions ensemble contact avec la PMI pour obtenir plus d’information concernant cette activité. Elle s’y est finalement rendue avec Monsieur et les deux enfants.
Enfin, nous nous sommes réunis une dernière fois avec la famille et leur référente chargée de l’AEMO afin de faire un bilan de sa situation. Le couple a exprimé une satisfaction et une amélioration du quotidien. En effet, Joël dort seul et à des heures fixes à présent. Par ailleurs, l’aménagement d’une zone de jeu et d’un espace calme au sein de la chambre a permis à l’enfant d’y trouver ses marques et de considérer cette pièce comme la sienne.

Concernant la rupture de l’isolement de Madame : J’ai discuté avec Madame de ce que j’ai évalué concernant la solitude qu’elle ressentait et le souhait souvent évoqué de mener des activités seule et avec ses enfants. J’ai entrepris avec elle un important travail d’écoute et de soutien avant toute action concrète. En effet, j’ai préféré instaurer une relation d’alliance et d’échange afin de mieux cerner ses attentes et qu’elle se sente en confiance.
 Conformément à ses souhaits nous avons cherché ensemble des activités susceptibles de l’intéresser. Madame a ainsi contacté dans un premier temps le centre social du quartier qui propose différentes activités familiales ou pour personne seule et dans un second temps, un salon de beauté « social » qui propose des ateliers de coiffure, de relooking et de maquillage aux femmes en difficulté. 
Suite à cela, j’ai aidé Madame à constituer le dossier d’inscription au centre social et rédigé un rapport social qui a été apporté au salon de beauté. Madame n’envisageait pas de se rendre avec les deux enfants aux deux structures. Je lui ai ainsi proposé de s’y présenter avec Joël et de laisser Monsieur s’occuper d’Ana. Cela permettrait de rompre le mode de fonctionnement instauré par le couple quant à la répartition de la présence auprès des enfants. Monsieur était satisfait de ce procédé, en revanche, Madame a émis plus de réserves et semblait avoir du mal à faire confiance à son compagnon par rapport à la petite Ana. Elle me confia qu’il n’avait pas l’habitude des enfants en bas âges et qu’il ne saurait pas réagir si un incident survenait. J’ai rassuré Madame en lui rappelant que l’équipe du CHRS était présente au premier étage de l’immeuble et qu’en cas de difficulté Monsieur pouvait faire appel à nous. En parallèle, Monsieur affirmait être en capacité de s’occuper d’Ana. Madame s’est sentie rassurée et a finalement décidé de se rendre avec Joël au centre social pour s’inscrire à différentes activités. Madame et Ana ont ainsi participé à des cours de bébés nageurs. Monsieur s’y rendait ponctuellement avec Joël. De plus, Madame a repris une activité de danse et s’y rend une fois par semaine. Monsieur gardait pendant ce temps les deux enfants. Une semaine avant la fin de mon stage, Madame m’a rapporté qu’elle a pu se constituer un réseau amical au cours de ses participations aux ateliers proposés par la PMI et qu’elle a entamé, sur mes conseils, des démarches d’inscription à la crèche pour septembre 2012. En effet, il existe un partenariat entre le CHRS et la crèche qui est située dans la même rue que la structure. En conséquence, un nombre limité de places est réservé chaque année aux enfants résidant au sein du centre.
Finalement, Madame a souhaité qu’Ana aille à la crèche quelques demi-journées par semaine afin de permettre à l’enfant de se construire et de se structurer tout en se dégageant du temps pour mener des activités extérieures ou s’organiser dans ses démarches administratives.

Par rapport à l’insertion professionnelle du couple : j’ai dans un premier temps exploré avec Monsieur les secteurs dans lesquels il voulait exercer. Il m’a exprimé le souhait de reprendre le CAP Carrosserie arrêté il y a quatre ans. J’ai ainsi recherché avec lui les coordonnées de plusieurs Centre de Formation pour Apprentis (CFA) proposant ce diplôme. Après une première prise de contact téléphonique réalisée par Monsieur il s’avère que son dossier devait comporter un CV et une lettre de motivation. Je l’ai ainsi soutenu dans l’élaboration de ces deux documents. Je lui ai en effet demandé de m’apporter une première ébauche de sa candidature que nous avons améliorée ensemble. 
Par la suite, Monsieur s’est rendu dans différentes journée portes-ouvertes afin de récupérer les dossiers d’inscription, d’y joindre le CV, la lettre de motivation et de les transmettre aux CFA. Monsieur n’a pas eu besoin de mon aide et a souhaité faire ses démarches seul. Il m’a simplement formulé le souhait que j’y apporte un dernier regard avant d’envoyer tous les papiers. Par ailleurs, j’ai proposé à Monsieur une inscription à la Mission Locale du secteur afin d’être soutenu dans son insertion professionnelle. Cette structure dispose, en effet, de contacts et partenaires privilégiés dans le domaine de l’emploi. Aussi, les professionnels de la Mission Locale ont à disposition un réseau important de professionnels « parrains » pouvant proposer une première expérience aux jeunes. Monsieur s’est vu accordé un rendez-vous avec une conseillère à l’emploi Il semblait satisfait à l’issue de l’entretien. Lors du deuxième rendez-vous, la conseillère lui a proposé des missions ponctuelles et rémunérées dans le domaine du bâtiment et de la mécanique qu’il a acceptées. Toutefois, sa conseillère m’a contacté au cours du mois d’avril pour me demander pourquoi Monsieur ne s’était pas rendu aux rendez-vous fixés avec elle. J’ai contacté ce dernier pour éclaircir cette situation et lui demander ce qui le freinait. Il m’a expliqué qu’il a eu une mauvaise expérience avec un de ses employeurs proposés par la Mission Locale qui l’aurait traité de « bon à rien » ce qui l’a particulièrement atteint et qu’il ne souhaitait pas, pour l’instant, être à nouveau suivi par la Mission Locale. Il préférait « se débrouiller tout seul » me disait-il. 
Avec l’accord de Monsieur, j’ai contacté sa conseillère à l’emploi afin de lui clarifier la situation. Celle-ci m’a expliqué, concernant l’incident avec l’employeur, que Monsieur arrivait souvent en retard ce qui a contraint son patron à ne pas donner suite au contrat. Elle m’a également confié que, depuis, Monsieur multipliait les retards et les défauts de présentation auprès d’elle. Ce dernier m’expliqua finalement qu’il comptait plutôt sur les CFA qu’il a démarchés.
A la fin de l’accompagnement Monsieur a eu plusieurs entretiens dans le cadre de son entrée en CAP. Ces derniers se sont avérés concluants à condition qu’il trouve un maitre d’apprentissage. Toutefois et malgré mon attitude de remobilisation, Monsieur n’a pas engagé de démarches dans ce sens. Enfin, le 19 avril Monsieur a eu un rendez-vous avec la Préfecture et s’est vu délivrer un titre de séjour d’un an.
Quant à Madame, nous avons dans un premier temps entrepris des démarches similaires à celles de Monsieur auprès des CFA proposant des CAP esthétique en alternance. Toutefois, nous nous sommes heurtés à des freins liés au fait que Madame n’était pas en possession de ses bulletins de classe de troisième. Nous avons ainsi contacté le Rectorat afin de pouvoir les réceptionner. Cependant, ces documents n’ont toujours pas été reçu par Madame, malgré nos relances
 Cette situation représente un obstacle important. En effet, tant que les bulletins ne figurent pas dans son dossier, les inscriptions sont mises en attente. Par ailleurs, j’ai orienté Madame vers des salons d’étudiants afin qu’elle se renseigne sur les débouchés de ce diplôme et elle a pris conscience qu’il n’était pas simple de trouver un patron pouvant la recruter. En toute connaissance de cause elle a manifesté le désir de poursuivre dans cette voie. 

Concernant l’insertion professionnelle générale du couple, je prends conscience qu’il sera difficile, par moment, de poursuivre la scolarité à deux tout en arrivant à gérer le quotidien familial. Avec le recul, je pense qu’il aurait fallu, non pas que je dissuade l’un ou l’autre de poursuivre son projet professionnel, mais de les informer des conséquences d’être à la fois étudiants et parents avec notamment une charge conséquente de devoirs à réaliser le soir.

A l’issue de mon stage, j’ai préparé la famille à la fin de mon intervention sociale  et de la passation avec ma référente. Monsieur semblait anxieux à l’idée de notre fin d’accompagnement social. Toutefois, j’ai tenté de le rassurer en expliquant que toutes les actions mises en place ont été discutées avec ma référente et qu’elle connaissait l’avancée de leur situation.

J’espère que cet exemple de la méthodologie du plan d’action ASI vous aura aidé à mieux appréhender les attentes de cette épreuve au DEASS et DECESF

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