Les femmes chefs de famille : une monoparentalité entre précarité, vulnérabilité sociale et mobilisation professionnelle

Cet article propose quelques passages d’un mémoire sur la monoparentalité réalisé par une assistante sociale (DEASS 2013) qui a validé le DC2. Ainsi, à travers la thématique de la monoparentalité cette étudiante a souhaité confronter la dimension professionnelle au travers de la dynamique et de la remobilisation dans le cadre du RSA.
De même si vous êtes en formation de CESF vous pouvez également vous inspirer des ces éléments.

Bon courage !

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1 Les constats de départ

En France, depuis les années 1970 nous assistons à des changements importants des structures familiales. En effet, le cadre familial évolue en se traduisant par un recul du mariage, une augmentation des divorces et une multiplication des unions libres. Ainsi, les familles en situation de monoparentalité sont de nouvelles formes de vie qui remettent en cause le modèle familial traditionnel qui dominait jusqu’à la fin des années soixante. Celui-ci se caractérisait par la présence sous le même toit, d’un père, d’une mère et d’au moins un enfant. A présent, le nombre de famille composée d’un parent seul au domicile avec son enfant a doublé pour atteindre 1.6 million contre la moitié en 1980 .


Le terme monoparentalité témoigne également d’un changement de mœurs et d’une évolution de la place de la femme au sein de la société. En effet, il s’avère que ces dernières sont majoritaires puisqu’elles constituent 85 % des chefs de famille en situation de monoparentalité .  
Il existe plusieurs définitions des familles monoparentales. La première est celle de l’INSEE qui les définit comme étant : « les ménages dans lesquels le parent vit seul sans conjoint avec ses enfants dans un logement ordinaire, sans qu’il y ait d’autres personnes partageant le même logement, qu’elles aient ou non un lien de parenté avec le parent isolé »  

La deuxième définition, celle de Caisse des Allocations Familiales (CAF), renvoie à la catégorie des parents isolés en tant que cibles des politiques familiales. « En premier lieu, sont considérés comme parents isolés les personnes veuves, divorcées, séparées ou célibataires qui
assument seules la charge effective et permanente d’un ou plusieurs enfants, à condition qu’elles ne vivent pas maritalement. En second lieu, selon les CAF, les enfants sont considérés « à charge » s’ils sont âgés de moins de 20 ans à condition que leur rémunération mensuelle n’excède pas 55% du SMIC et qu’ils ne soient pas eux-mêmes parents. Toutefois, dans le cas du revenu minimum d’insertion (RMI), les enfants sont considérés à charge jusqu’à 25 ans».

La différence dans les définitions marque le fait que le croisement des données issues de sources statistiques et administratives n’aboutit pas aisément à une vision harmonisée des familles monoparentales. En effet à titre d’exemple, peut être citée une étude  menée en 2011 auprès des bénéficiaires du RSA. Selon cette étude, 83% des bénéficiaires qualifiés de «parents isolés» au sens de la CAF correspondaient à des familles monoparentales au sens de l’INSEE.

En conséquence, ces mutations de la cellule familiale ont incité l’impulsion de multiples politiques familiales destinées à soutenir cette population de plus en plus visible. C’est ainsi que des aides spécifiques ont vu le jour avec la création de l’Allocation Parent Isolé en 1976.

Ce dispositif poursuivait la volonté d’assurer un minimum de revenus de subsistances pour la mère et son enfant jusqu’aux trois ans de ce dernier.  
Toutefois, il est apparu qu’à l’issue du versement de cette prestation, ces mères seules ont intégré  la catégorie des bénéficiaires du Revenu Minimum d’Insertion crée en 1988. Ce dernier a été impulsé à travers l’objectif d’assurer un minimum de ressources tout en souhaitant une insertion professionnelle plus importante. C’est ainsi que les femmes « isolées » représentaient 20.6 % des ménages bénéficiaires du RMI. «L’importance et l’augmentation rapide du nombre de bénéficiaires de l’allocation parent isolé, est passé de 50 000, en 1979, à 130 000, en 1989, attirent l’attention sur le risque de pauvreté encouru, à la suite de la séparation du couple parental… surtout lorsque ce dernier est une femme sans qualification professionnelle ou déqualifiée par une trop longue absence du marché de l’emploi »  

Ainsi, malgré une volonté de la part des pouvoirs publics de soutenir ces femmes vers une recherche d’activité professionnelle, il apparait de nos jours que celles-ci sont encore confrontées à des difficultés de reprise d’activités salariales notamment dues à une qualification moins élevée. Aussi, elles sont majoritairement touchées par la précarité puisque plus d’un tiers des familles en situation de monoparentalité vivent sous le seuil de pauvreté et que 85 % d’entre-elles sont dirigées par des femmes .

Par ailleurs, le taux de chômage de ces mères est de huit points supérieur à celles en couple puisque 20 % de ces mères « isolées » sont confrontées au chômage . Cette situation s’accentue davantage à partir de la naissance du deuxième enfant .
Enfin, il apparait qu’en 2011,  56 % des mères seules sont en situation d’inactivité et 28 % au chômage mais sans droits .

Ainsi à la lecture de ces chiffres nous comprenons que, même si toutes les femmes chefs de famille ne sont pas confrontées à la précarité et à la difficulté d’accès à l’emploi cette réalité pèse sur un nombre d’important d’entre-elles.  
Par ailleurs et afin d’affiner mes questionnements j’ai pu échanger autour de cette problématique avec Madame H,  une assistant de service social exerçant en polyvalence de secteur qui expliquait que « les femmes chefs de famille bénéficiaires des minima sociaux était un public récurrent au service social. Qu’au-delà des difficultés d’accéder à un emploi il était pertinent de davantage s’interroger sur les freins qu’elles rencontraient et leur histoire personnelle. En effet, il est fréquent que cette insertion professionnelle ne constitue pas la motivation première de ces femmes qui souhaitent davantage résoudre d’autres problématiques les concernant ».  

A ce stade et forte de ces constats de départ, j’ai cherché à comprendre de façon concrète et sur le terrain la façon dont ces mères évoluaient, les freins qu’elles rencontraient et les réponses apportées par les institutions pour leur permettre une réinsertion adaptée à leur demande.  

2) Un sujet de recherche motivé par une expérience de terrain

Me concernant, j’ai effectué mon stage de deuxième année dans un Espace Insertion accueillant des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA). Ainsi, en intervenant auprès du public accueilli dans le cadre de ce dispositif j’ai pu constater que de nombreux bénéficiaires étaient en situation de monoparentalité et plus particulièrement des femmes.  Dans ma rencontre avec elles et au cours des entretiens, je me suis rendu compte que l’accompagnement que j’effectuais avec ces dernières, pouvait être freiné par leur situation familiale. En effet j’ai été amenée à effectuer le suivi de plusieurs mères célibataires, qui rencontraient des difficultés d’insertion tant sur le plan professionnel que social. Je me suis alors interrogée sur leur parcours de vie et comment ces femmes parvenaient-elles à concilier leur quotidien de chefs de famille et leur vie professionnelle. Par ailleurs j’ai également cherché à savoir quel était le rôle des assistants de service social qui sont amenés à effectuer l’accompagnement de ce public et comment adaptent-ils leur accompagnement au mode de vie de ces femmes

En effet, un grand nombre d’entre-elles exprimaient ressentir des difficultés récurrentes aussi bien concernant leur capacité à honorer les charges courantes que, de façon plus large, à se réinsérer professionnellement et socialement.  
Plusieurs sociologues tels que Durkheim s’accordent à dire que l’une des conditions d’un épanouissement personnel et d’un sentiment d’utilité sociale passe par une assise professionnelle forte . De même que s’inscrire dans une activité salariale permet à ces femmes de rétablir ou maintenir une forme de lien social avec l’extérieur. En effet, au cours des échanges que j’ai pu avoir avec certaines femmes accueillies, le sentiment d’utilité que procurait le travail était souvent formulé. Elles expliquaient par-là que le fait d’exercer un emploi leur donnait la possibilité de pouvoir réaliser matériellement leurs désirs sans dépendance vis-à-vis des institutions. 

Cependant, l’insertion socio-professionnelle des mères célibataires peut être particulièrement freinée à plusieurs niveaux. En effet, le facteur le plus fréquemment soulevé concerne les difficultés de mode de gardes des enfants. Aussi, ces femmes expliquaient ne pas pouvoir exercer une activité trop éloignée du domicile car un des critères dans leur recherche d’emploi était de pouvoir récupérer aisément les enfants à la sortie des classes. En conséquence, nous comprenons que les obligations parentales peut-être susceptibles de ralentir voire compromettre l’insertion professionnelle de ces femmes lorsqu’aucune solution de garde ne peut être trouvée. En réalisant un entretien, une de ces mères m’a confié que les horaires de travail sont souvent décalés par rapport à leurs obligations familiales. 

De plus, je me suis aperçue que chez certaines femmes chefs de familles, l’absence de qualification ou de formation professionnelle peuvent rendre la recherche d’emploi difficile. Ainsi, même si certaines d’entre-elles souhaitaient accéder à une formation elles étaient encore une fois limitée par le manque de relais pour s’occuper des enfants la journée

Suite à ces constats je me suis fortement interrogée en me demandant comment parvenir à accompagner vers l’emploi ces femmes en situation de monoparentalité. En effet, dans le cadre de l’accueil des bénéficiaires j’étais amenée à intervenir sur ce volet tout en évaluant les aspects sociaux pouvant entraver leur insertion. Dès lors, j’ai pris conscience que concentrer ses efforts sur le seul versant de l’emploi était contre-productif  car il fallait tout d’abord, pour ces femmes, parvenir à lever d’autres freins.  

En conséquence, j’ai souhaité orienter mon travail de recherche autour de la compréhension des phénomènes qui enrayent l’insertion professionnelle des femmes en situation de monoparentalité et, plus spécifiquement, des effets que peuvent avoir ces éléments chez des mères déjà fragilisées par un parcours de vie souvent complexe. Dès lors, il convient de s’interroger sur les potentialités qu’elles parviennent à mettre en avant en vue d’assurer le plus efficacement possible leur insertion. Par ailleurs, il apparait au regard des différentes rencontres que j’ai faites que certaines parviennent plus que d’autre à se détacher de la précarité sociale et professionnelle.  Enfin, j’ai pu mesurer que chez ces femmes même si la reprise de l’emploi est difficile à conjuguer elle souhaitait coûte que coûte préserver cette situation alors que d’autres étaient plus réticentes à se confronter à un bouleversement de leur quotidien et repoussait leur souhait de trouver une activité professionnelle.

C’est à l’issue de tous ces questionnements que j’ai formulé la question de départ suivante : 

Qu’est-ce qui explique que, dans le cadre d’un accompagnement social contractualisé entre l’assistant de service social et les mères en situation de monoparentalité bénéficiaires du RSA, certaines d’entre-elles parviennent à s’insérer sur le plan professionnel alors que d’autres rencontrent davantage de difficultés à s’inscrire dans une dynamique d’insertion ?


Afin d’explorer cette question de départ, mon mémoire de recherche sera rédigée de la façon suivante : 

La première partie, qui s’articule en trois chapitres, repose sur les bases de ma recherche à travers les différentes approches théoriques ainsi que la compréhension données aux termes et notions utilisés. Aussi, les entretiens issus de l’enquête de terrain y seront incorporés. 

Le premier chapitre contextualise l’émergence de la monoparentalité au sein de la société française à travers les mutations familiales

Le deuxième chapitre s’intéresse davantage aux impacts de la situation de monoparentalité chez les femmes chefs de famille. Aussi, différents chercheurs apporteront leur éclairage théorique.

Quant au troisième chapitre, il mettra en perspective les modalités de l’accompagnement professionnel proposé par les travailleurs sociaux et des conséquences sur l’évolution de la situation des mères en situation de monoparentalité.  

La deuxième partie, à la lumière des résultats obtenus, m’a permis de mettre en évidence la problématique majeure de ce travail ainsi que l’élaboration d’une question de recherche, d’une hypothèse et d’outils de vérification de celle-ci.  
Enfin, je conclue ce mémoire avec les apports de cette expertise sociale sur le plan professionnel. 

I LE DÉFI DE L’INSERTION PROFESSIONNELLE ET LES FREINS AUXQUELLES SONT CONFRONTÉES LES MÈRES ISOLÉES 

A travers cette partie, nous allons revenir sur le concept d’insertion tout en faisant un état des lieux des obstacles auxquelles se heurtent les femmes chefs de famille dans le cadre de leur accès à l’emploi

1 L’insertion : un caractère multiforme 

La notion d’insertion est apparue dans les années 1970 dans le champ de la littérature sociologique. Souvent assimilée au concept d’intégration, l’insertion diffère à plusieurs niveaux. En effet, elle peut être définie comme étant « le processus conduisant un individu à trouver sa place au sein de l’institution sociale et plus particulièrement au sein d’une sphère sociale » . Dès lors, nous comprenons qu’il n’existe pas une mais plusieurs insertions. Ainsi, elle peut se décomposer en plusieurs modalités de mise en œuvre en fonction du domaine sur lequel elle se porte. 
L’insertion professionnelle par exemple correspond à l’accès à une activité salariale, quant à l’insertion sociale, elle est davantage axée vers la capacité à créer ou maintenir des liens sociaux avec le reste de la société. 
Aujourd’hui avec la montée de la précarité et de la fragilité des personnes, l’insertion s’est développée et a atteint d’autres champs d’intervention tels que l’insertion par la culture, par le logement ou par le sport. 

L’utilisation courant du terme « insertion » a notamment émergé lors de son emploi dans le Rapport Schwartz de 1981 ayant pour thème l’insertion des jeunes, puis, par la création du Revenu Minimum d’Insertion en 1988.

Dans les faits, «produire de l’insertion n’est pas une action simple»  car c’est une action qui relève simultanément des dimensions professionnelles et sociales. Mais ces deux catégories entretiennent des rapports complexes et changeants. En effet, la période qui s’achève à la fin des années soixante-dix est marquée par une relation particulière entre l’insertion professionnelle et l’insertion sociale. Au cours de ces années «l’insertion professionnelle non seulement permettait de produire de l’insertion sociale, mais de surcroît une insertion sociale déficiente n’était pas pénalisante outre mesure pour l’insertion professionnelle. L’insertion professionnelle suffisait finalement à assurer l’intégration économique et sociale des personnes» .

Avec la montée du chômage, cette logique n’allait plus de soi. Aux difficultés de retour à l’emploi, se sont ajoutées pour certaines personnes des perturbations psychologiques et un isolement social, devenant des freins à la réinsertion professionnelle. 

Face à cette problématique, l’objectif de l’insertion sociale est de (re)qualifier socialement les individus pour qu’ils puissent s’insérer professionnellement. 
La qualification sociale est associée à un savoir être distingué en deux formes. La première repose sur la motivation au travail, l’assiduité, l’autonomie. Quant à la seconde sur la capacité de l’individu à nouer des relations positives avec son environnement. Ces deux formes de savoir-être vont ainsi jouer un rôle déterminant dans la capacité à s’insérer. 

A la lecture de cette sous-partie, il semble donc nécessaire, pour les personnes fragilisées, isolées et éloignées de l’emploi telles que les mères chefs de famille, faiblement diplômées, d’envisager une insertion sociale au préalable ou en parallèle de l’insertion professionnelle.

2 Le cadre législatif du Revenu de Solidarité Active  

Entré en vigueur le 1er juin 2009 en France, le RSA a remplacé le RMI et l’API en constituant le « RSA majoré » dans le cas où l’enfant à moins de trois ans. Ce dispositif est également ouvert sous certaines conditions aux personnes en activité et s’intitule le « RSA activité ». Il est constaté que les femmes sont majoritaires à bénéficier de dispositif puisqu’elles représentaient 57 % des bénéficiaires en 2011. Aussi, dans cette population, 31 % sont des femmes chefs de familles. Enfin, ces mères seules constituent la quasi majorité des 190 000 foyers allocataires du RSA « majoré ».

De plus, ce dispositif, est venu conforter la politique d’insertion portée depuis de nombreuses années au sein des départements. 
En effet, ce dernier réserve tout d’abord une place privilégiée à l’accompagnement des personnes en instaurant la notion de droits et devoirs et ainsi d’accompagnement obligatoire pour les plus vulnérables des bénéficiaires. Par ailleurs, il ajoute à ce principe la notion de référent unique. 

Le Revenu de Solidarité Active s’est mis en place dans un contexte réglementaire et économique en évolution qui comportait plusieurs modifications de la pratique des différents acteurs locaux de l’insertion.
En effet, la généralisation du RSA s’accompagne d’une redéfinition du rôle des acteurs du dispositif ainsi que de la réforme de l’Insertion par l’Activité Économique.


L’intégration de «l’approche emploi » dans l’accompagnement social des allocataires du
RMI constitue un enjeu important de cette nouvelle réforme. Dans cet objectif, l’action publique, organisée jusqu’à lors autour de trois types de public : ceux proches de l’emploi, éloignés de l’emploi et les publics mixtes, doit alors se décloisonner.

Dans le cadre de l’accueil de ces femmes bénéficiaires du RSA, il s’agit dans un premier temps d’évaluer leur capacité à accéder à l’emploi durant l’instruction de la demande. Ainsi, elles sont orientées vers le Pôle Emploi qui procédera à l’accompagnement dans le cas où il a été évalué qu’aucun frein n’entrave l’insertion professionnelle. Toutefois, et c’est cette dimension que nous allons développer dans ce travail de recherche, lorsque les difficultés sociales semblent trop importantes et constituent des obstacles à l’accès à l’emploi ces mères sont orientées vers un référent unique social. 

Il s’agit ainsi, de les recevoir en les associations à la signature d’un Contrat d’Engagement Réciproque (CER) en vue de définir un projet d’insertion individuel ou collectif. Il est ainsi expliqué à la personne ses droits ainsi que ses devoirs dans le cadre du projet d’accompagnement qui prend de multiples formes. 

3 L’accompagnement social et professionnel des mères seules bénéficiaires du RSA 

Les travailleurs sociaux sont ainsi confrontés à la situation de mères isolées particulièrement en difficulté et souvent contraintes de s’éloigner progressivement de l’emploi

A Les modalités d’accompagnement individuel et les contraintes mises en avant par les mères en situation de monoparentalité et les professionnels

En effet, nous l’avons vu précédemment, les professionnels ont à leur disposition des outils qui sont le projet et le contrat. D’après Sophie, «il nous est demandé de contractualiser l’accompagnement, c’est sûr, ça permet de responsabiliser ces mères mais parfois on ne sait pas quoi y inscrire tant pour elles, la priorité n’est pas du registre de l’insertion professionnelle. (…) Parfois on se sent démunis face à leurs demandes tant les difficultés sont présentes. Mais nous sommes également amenés à faire remonter ces informations ». Cette ASS, d’un Espace Insertion, livre ainsi ses difficultés à mettre en œuvre un accompagnement professionnel tant elle est confrontée à d’autres problématiques chez les usagers qu’elle accueille. Laurène à l’inverse nous dit que «je tiens beaucoup à cette notion de contrat, je pense qu’elle incite les usagers à être encore plus actifs dans leurs démarches d’insertion. Souvent quand on fait le point six mois après et qu’on voit que certains objectifs ont été réalisés, les usagers sont contents et je pense que ça les motive davantage » 
Ainsi, cette autre ASS, valorise les outils d’intervention en tant que moteur de l’accompagnement social. Selon elle, permettre à l’usager de voir l’avancée de sa situation permet une mobilisation plus forte.

Par ailleurs et au-delà de ces objectifs opérationnels, certains travailleurs sociaux interrogés dans le cadre de ce travail, ont mis en évidence la nécessite d’intervenir sur le plan psychologique. En ce sens, Céline, explique que «en fait quand on aide un usager dans ses démarches d’insertion, certes, il y a tous ces points que je dirai pratiques qui permettent de se rendre compte des moyens mis en œuvre. En ce qui me concerne, je suis moins dans cette démarche opérationnelle. J’essaye surtout de soutenir moralement ces femmes. Elles ont souvent eu un parcours chaotique fait de rupture, d’échecs. Je n’ai pas envie de sans cesse leur parler du travail. Surtout si elles rencontrent des difficultés. Au contraire j’essaye de mieux comprendre leur histoire et surtout de stabiliser leur situation. Le fait que nos familles soient hébergées dans cette résidence sociale, fait qu’il n’y a pas forcément d’urgence»

Nous comprenons à la lecture de cette citation que cette ASS met davantage l’accent sur les aspects psycho-sociaux de la personne sans forcément être dans l’attente d’actions concrètes ou opérationnelles pour reprendre ses dires. 
Aussi, elle met en avant une posture professionnelle davantage sécurisante et empathique avec la personne.
Laurène rajoute à ce propos «accompagner les usagers dans leur insertion professionnelle ne signifie pas forcément être dans ce registre unique. Pour leur permettre de se confronter aux entretiens par exemple il faut qu’elles arrivent à croire en leur potentiel, c’est plus cet aspect-là que j’essaye de mettre en avant » 
Ainsi, ce type de posture que nous pouvons qualifier de moins « cadrante » est évoquée par une mère, Karima, « je m’entends bien avec mon assistante sociale et je sens qu’elle veut m’aider. J’en ai connu avant elle, elles n’étaient pas toutes gentilles et elles me reprochaient parfois de pas assez « me bouger » pour m’en sortir. Je pleurais en sortant de l’entretien. » 
Cette mère met en avant l’idée qu’une attitude trop directive à l’égard des publics serait contre-productive à l’aboutissement des objectifs fixés et rejoint l’idée d’adapter sa posture à l’usager. 

Un autre point évoqué par trois professionnels rencontrés concernant les difficultés de mode de garde. Face à cette réalité, Christophe, nous dit que « parfois les personnes trouvent des emplois ou des formations mais elles sont obligées de renoncer à cause de l’impossibilité de faire garder les enfants. C’est aussi un aspect qui bloque l’insertion professionnelle. Même si on fait des appuis auprès des crèches il y a une liste d’attente trop importante ».

Sophie, rajoute, « les crèches ? On y pense même plus, il y a des mois d’attente. On privilégie les assistantes maternelles. En lien avec la CAF on peut activer la PAJE (Prestation d’Accueil Jeune Enfant) afin d’aider au financement. De notre côté on peut aussi aider occasionnellement. Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) aussi peut intervenir, en effet, il existe des choses pour lever les freins liés au mode de garde mais les familles ne sont pas assez informées ».

Cette ASS évoque un sujet particulièrement important et également décrié par un autre ASS qui est le non recours aux droits lié au manque d’informations.
En effet, selon Christophe « il est souvent difficile pour ces femmes de se repérer tant les prestations sociales sont variées et soumises à de nombreux critères. Surtout, elles peuvent vite abandonner devant la lourdeur administrative, j’en vois régulièrement qui attendent la dernière minute pour nous voir. Le travail est ainsi fait dans l’urgence ce qui ne participe pas à améliorer leur situation »

Ce que nous révèle cet assistant de service social est d’autant plus vrai que selon une étude de l’Observatoire Des Non Recours aux Droits et Services (ODENORE),  50 % des personnes éligibles aux RSA ne le percevaient pas . 

Carole met également en évidence des difficultés inhérentes à certaines procédures mises en œuvres par d’autres institutions ou organises « j’ai accueilli une mère l’autre jour dans le cadre de l’urgence. Elle est venue me voir car la CAF lui a supprimé la totalité de la PAJE des mois de janvier et février en raison d’un trop perçu d’APL (Allocation personnalisé au Logement). En conséquence, elle était dans l’incapacité de payer son assistante maternelle. Nous l’avons aidée sur une partie des sommes non perçues mais cela faisait loin de la totalité. Son budget s’est complètement déstabilisé. Elle pensait même arrêter de travailler car en jonglant avec ses horaires de vendeuse, elle était toujours stressée et angoissée. Au final, elle a contractuée un crédit à la consommation pour retrouver un équilibre budgétaire. C’est quand même fou d’en arriver là surtout que ce crédit ne l’aidera pas sur le long terme ».
L’ASS interrogée, met ainsi en avant une incompréhension des pratiques opérées par certaines institutions qui, selon elle, peuvent déstabiliser la mère en accentuant ses difficultés. Toutefois, d’autres professionnels mettent en lumière un partenariat qui se déroule de façon étroite et qui a permis une avancé fructueuse de la situation professionnelle de ces mères.
Ainsi, Sophie nous dit que « j’ai réussi à tisser des liens étroits avec une entreprise d’insertion du département qui n’hésite pas à m’interpeller lorsque des offres sont disponibles. Ça m’aide beaucoup car j’ai la possibilité de me rendre compte si elles sont adaptées aux usagers que j’accompagne. Parfois c’est le cas et ça marche ».

Parmi les professionnels interrogés, tous s’accordent à dire que la mobilité de ces mères est un élément indispensable à intégrer dans l’accompagnement socioprofessionnel. A ce propos, Guylene, une ASS, nous apprend que « les mères isolées sont souvent dans l’incapacité d’avoir un véhicule personnel tant les frais peuvent être élevés. J’ai eu la situation de plusieurs  mères qui vendaient leur voiture afin de moins dépenser. Du coup elles sont dépendantes des transports en commun. Mais je pense que c’est mieux comme ça surtout en région parisienne, on peut quand même circuler plus facilement sans voiture,  en plus, quand elles sont au RSA elles peuvent bénéficier de la carte solidarité transport».
Selon cette ASS la mobilité n’est pas en soi un frein à l’insertion notamment en Île-deFrance et ses multiples transports en communs. Pourtant cet avis n’est pas partagé de tous, ainsi, un conseiller à l’emploi, Antoine, nous révèle que «j’ai l’impression que ces mères culpabilisent d’être véhiculées mais sans emploi. Quand on les reçoit parfois en binôme avec les ASS et qu’on évalue leur possibilité d’emploi elles osent à peine nous dire qu’elles ont une voiture et cherchent une justification. Alors qu’au contraire, cela représente un atout considérable. Certaines revendent également leur véhicule afin d’avoir un peu d’argent de côté. Je ne pense pas que ça soit la meilleure solution car certains postes demandent un véhicule surtout pour certaines qui cherchent dans la garde d’enfants ».
Cette enquête a également mis en avant la nécessité de préparer la séparation ponctuelle entre la mère et les enfants tout en la soutenant dans ce nouveau mode d’organisation. En effet, quatre professionnels expliquent que, souvent, se détacher de l’enfant est préoccupant pour les mères. Laurène, à ce propos, nous dit que « quand le mode de garde a été trouvé,  il m’est déjà arrivé de voir des mères qui ne pouvaient pas laisser les enfants chez l’assistante maternelle ou en crèche, tellement elles ont créés une relation proche avec les enfants. Franchement c’est compliqué parce qu’on est souvent démunis. On a beau essayé de faire un travail en les soutenant et en leur expliquant que pour la socialisation de l’enfant ainsi que pour elles-mêmes ça serait bénéfique mais ce point est souvent compliqué à traiter ».

Ces propos sont appuyés par le témoignage d’une mère, Christine qui nous révèle que « j’ai toujours été fusionnelle avec mes jumeaux. Nous sommes partis du domicile quelques mois après leur naissance, quand j’ai quitté leur père. Jusqu’à leur entrée en maternelle je n’ai jamais été loin d’eux plus de quelques heures. C’est vrai qu’à cette époque l’insertion professionnelle n’était vraiment pas la priorité. Surtout que j’avais d’autres problèmes à régler.

Nous comprenons ainsi que, la séparation avec l’enfant peut être source de doutes et de questionnements chez ces mères qui ont créé une relation de très grande proximité avec ces derniers au point de difficilement pouvoir se séparer d’eux durant la journée.

Un autre élément évoqué par trois professionnels et deux mères chefs de famille concerne les diplômes et la qualification professionnelle. Ainsi, Aminata, s’exprime en disant que « moi j’ai envie de travailler. Je n’ai pas vraiment de problèmes de garde, mes enfants sont à l’école et le soir ils peuvent rester à l’étude. Au pire, j’ai beaucoup de famille dans le coin qui peut les récupérer. Le véritable problème que j’ai, c’est que je n’ai aucun diplôme. Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école, j’avais des problèmes de famille qui ont trop joué sur le moral. Et puis j’étais jeune, vous savez ce que c’est on pense d’abord à s’amuser. Maintenant je regrette et j’ai envie de me rattraper. C’est pour ça que je veux me former. Je vais passer un CAP petite enfance et petit à petit monter les échelons » ;

Cette mère met en avant un autre frein à l’insertion professionnelle que sont le niveau d’étude et la qualification. En effet, il apparaît à la lecture de la deuxième partie de ce mémoire que ces mères exercent davantage des emplois pas ou peu qualifiés. C’est en ce sens que les professionnels jouent également un rôle en permettant de lever cette obstacle via une orientation davantage axée sur la formation que le professionnel. A ce titre, Sophie nous explique que « de plus en plus, je rencontre dans ma pratique des femmes qui souhaitent se former. Avant c’était moins le cas. Je pense que cela peut être envisagé lorsque ces femmes sont stabilisées. Parce que même si elles vivent des situations souvent difficiles certaines vivent dans des structures d’hébergement ou dans des logements sociaux, du coup, même si leur budget n’est pas élevée grâce au RSA et aux prestations familiales elles ne sont pas non plus dans la survie. Et elles se disent que le seul moyen de rompre cela c’est la formation pour ne pas exercer d’emplois précaires qui les mettent encore plus en difficulté ».

Enfin, un axe d’accompagnement évoqué par une seule professionnelle et trois mères concerne le domaine de la santé. Ainsi, Isabelle nous dit que « j’ai des problèmes de santé qui m’empêchent de travailler longtemps debout. Avant j’étais aide à domicile, ça me plaisait et j’avais toujours des missions. Mais c’était trop fatiguant. On me demandait d’aller chez des familles qui habitaient à l’opposé les unes des autres et je n’ai pas le permis. Maintenant je cherche un travail où je peux être assise. Je postule souvent en tant que caissière mais on ne me rappelle pas ».
Cette mère met en lumière un obstacle peu évoqué mais bien présent qui concerne les problématiques de santé et ses conséquences sur le choix de la profession ces mères qui se retrouvent davantage limitée dans leur recherche.  A ce propos, Carole, s’exprime en disant que «il est vrai qu’on rencontre des femmes avec des problématiques de santé qui ne peuvent pas accepter tout et n’importe quoi. J’essaye de leur dire de faire les démarches afin de voir s’il est possible d’avoir la reconnaissance du statut de travailleur handicapé. Mais symboliquement cela est beaucoup trop dur pour elle à intégrer. Pourtant même si ce n’est pas une solution miracle ça leur permettrait d’intégrer des postes adaptés à leur état. Ainsi, elles pourraient être orientées au CAP emploi qui, je pense, est plus à même de les aider que le Pôle Emploi »

  A la lecture de cette sous-partie, nous arrivons à saisir les différentes modalités d’actions individuelles mises en œuvre par les professionnels en vue d’assurer une insertion professionnelle des mères en situation de monoparentalité. Nous pouvons ainsi nous apercevoir, contre toute attente, que l’accent n’est pas forcément mis sur l’orientation professionnelle au sens strict du terme mais plutôt vers une intervention visant à lever les freins enrayant la reprise d’activité. Ainsi, certains professionnels ont fait part de leur position délicate entre exigences de leur hiérarchie qui demande des résultats et le souhait de proposer, avant tout, un accompagnement social répondant à tous les besoins de ce public quitte à ce que cela se fasse au détriment d’une insertion professionnelle rapide. 

4 L’accompagnement social à visée collective et la collaboration avec les partenaires

En effet et de façon complémentaire à l’intervention sociale d’aide à la personne visant à soutenir les mères en situation de monoparentalité dans leur insertion professionnelle, les travailleurs sociaux, mènent de plus en plus des actions de type Travail Social de Groupe (TSG) ou des actions collectives en lien avec les partenaires du territoire. Ainsi, l’enquête de terrain a permis de mettre en évidence les différentes modalités de ce mode d’intervention et les effets à terme sur les femmes ayant participé à ces actions.

Dans le cadre de mon stage au sein d’un Espace Insertion, j’ai pu observer un travail partenarial fructueux entre l’Institution et un salon de beauté social qui proposait aux femmes différents ateliers basés sur revalorisation de l’estime de soi. En effet, d’après Emilie, «on se rend compte que l’image que les femmes ont d’elles-mêmes comptent énormément dans leur insertion professionnelle. Si elles n’apprécient pas l’image que leur renvoie le miroir elles seront davantage freinées à aller à la rencontre des employeurs »
Ainsi, nous constatons, que certains professionnels tels qu’Emilie orientent leurs actions vers un travail en lien avec le rapport à l’image et à l’apparence. Ce type d’atelier a été apprécié chez certaines mères comme Christine qui explique que « au début j’étais un peu réticente à participer aux ateliers que m’a proposé l’assistante sociale. Il est vrai que durant mon congé parental, je n’ai pas pris le temps de m’occuper de moi-même. J’ai plutôt mis l’accent sur l’éducation de mes enfants et je devais aussi régler les problèmes administratifs etc … je n’avais plus le temps moi. Mais participer à un atelier comme ça m’a fait beaucoup de bien. Je ne dirai pas que j’ai repris confiance en moi à 100 % mais j’ai appris quelques trucs pour me sentir plus à l’aise. Surtout il y avait un bon accueil ». Cette mère met en avant les aspects bénéfiques à la participation des ateliers du salon de beauté social qui lui a permis de contribuer à son bien-être.
Pourtant cet avis n’est pas partagé par toutes les mères que j’ai rencontrées au sein de cette Institution et je pense notamment à l’une d’entre-elles, Latifa, qui me disait « j’ai entendu parler de ces ateliers. C’est peut-être bien pour certaines et tant mieux. Mais moi je ne me vois pas là-bas. Ca fait trop  «réunion de pauvres» et même si je suis au RSA j’ai quand même envie de garder un minimum de fierté quitte à me mettre dans le rouge pour me faire plaisir. En fait, c’est bien ce qu’elles font dans ce salon de beauté et si ça aide des femmes tant mieux mais voilà ce n’est pas pour moi. Surtout je ne vois pas pourquoi je devrais changer d’apparence pour trouver un travail. J’ai pas envie de jouer un rôle ». Cette mère met en avant l’idée qu’amener les personnes à correspondre aux normes sociales n’est pas approprié et essentiel dans une démarche d’insertion à l’inverse de l’assistante sociale interrogée plus haut qui mettait davantage en avant l’idée valoriser la femme en mettant en avant ses atouts.

Par ailleurs, j’ai pu observer une action collective basée sur la rupture de l’isolement des mères seules qui a été mise en place en partenariat entre le Conseil départemental, le Centre
Communal d’Action Sociale et l’Épicerie sociale du territoire. Celle-ci consistait en un groupe d’échange et de pratique autour d’ateliers de cuisine. Il a ainsi été mis en relief l’apport bénéfique du sentiment d’appartenance à un groupe. Adjobia, une bénéficiaire, disait que « ça me fait du bien de participer à ces moments. Je ne travaille plus depuis deux ans et j’avais du mal à me faire à l’idée de retravailler. J’étais souvent seule, j’ai beaucoup à faire avec mes quatre enfants mais parfois ça fait du bien de voir autre chose. Ici j’ai pu rencontrer d’autres femmes comme moi. Et comme nous vivons toutes un peu la même chose on se comprend et on s’entraide »
Dans le prolongement de ce travail social de groupe, la responsable de l’épicerie sociale, Marie, rapportait que « j’avais vraiment le souhait de diversifier nos services en proposant au public qu’on accueillait autre chose que le simple fait de venir s’approprier en nourriture. Le fait de faire un bilan mensuel avec les personnes accueillies me permet d’échanger avec elles dans un cadre plus confidentiel que l’espace où sont disposées les denrées alimentaires. C’est durant ces moments que j’ai pris connaissance de leur isolement ».
En parallèle, Carole, nous dit que «c’est grâce à une bonne entente entre nos trois services que cette action a pu se développer. On a tous constaté les mêmes besoins et sans un travail partenarial fructueux il aurait été difficile de la mettre en œuvre ».  

Ici, ces deux professionnelles mettent en évidence l’intérêt fort de mutualiser les compétences et d’échanger de façon concertée autour de la situation des usagers qui fréquentent le service social polyvalent de secteur et l’épicerie sociale. En effet, cette collaboration a permis la réalisation de plusieurs actions collectives.
Pour autant, ces conditions favorables ne sont pas toujours réunies de façon suffisamment  développées pour permettre ce type de partenariat. En effet, Sophie nous dit à ce sujet que « les actions collectives et le développement du partenariat sont indispensables mais concrètement sur le terrain on a pas toujours le temps de favoriser tout ça. J’aimerai bien mettre en place des actions innovantes et mieux travailler avec mes partenaires mais on se heurte à des freins liés au temps comme je le disais mais aussi à lourdeur hiérarchique, ça prendrait du temps de valider le projet et comme on a ici un public mouvant on pourrait difficilement mettre en place une action sur le long terme ».

Enfin, certains services procèdent au développement des actions collectives en vue de favoriser une diffusion plus importe des informations relatives aux droits des personnes et des dispositifs qui existent. C’est en ce sens que Guylène nous explique que « de plus en plus, au sein de notre institution on met en place des actions en vue de présenter des thématiques qui concernent largement les usagers. Par exemple, tous les deux mois, pour les nouveaux bénéficiaires du RSA on fait des journées d’information durant lesquelles sont réunies la quasi-totalité des professionnels intervenant dans le champ de l’insertion. On fait aussi des réunions sur le logement, la santé etc. Ça crée une autre dynamique avec l’usager,  mais tous les professionnels ne sont pas à l’aise avec ce type d’actions et demandent à être mieux formés à l’intervention collective»
Ainsi, Guylène met en avant l’intérêt de réaliser des actions d’informations collectives qui permettraient, selon elle, d’apporter un nouvel élan à l’accompagnement des usagers tout en leur permettant d’avoir accès à de l’information de la façon la plus large possible. Aussi, elle met en avant l’idée de créer une synergie avec les autres professionnels du territoire afin de permettre une visibilité accrue des dispositifs.


 Au regard de cette dernière sous-partie du mémoire nous nous apercevons que, la mise en place d’actions collectives en lien avec les partenaires du territoire permettent une amélioration de la situation des mères en situation de monoparentalité notamment vis-à-vis de l’enrayement de l’isolement et de la reprise de confiance en soi. Ainsi bien que des professionnels révèlent ressentir un besoin d’être davantage formés à ce type de pratique, la grande majorité s’accorde à dire qu’elles présentent un réel intérêt en complémentarité de l’accompagnement individuel.

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