Une ISAP protection de l’enfance et mineur isolé étranger MIE à l’aide sociale à l’enfance (ASE)

Je vous présente ici un exemple d’une intervention sociale d’aide à la personne (ISAP) relative à une situation de protection de l’enfance d’une MIE. Cet accompagnement social a été mis en oeuvre dans un service de l’Aide Sociale à L’Enfance (ASE). Il s’agit d’un écrit qui a été très bien noté au DPP et rédigé par une assistante sociale dans le cadre du DC1. Vous trouverez toute la méthodologie et le plan nécessaire à la réalisation de votre propre situation individuelle que vous aurez à présenter au DEASS ou au DE CESF.
Ainsi, si vous même vous êtes en stage à l’ASE et que vous avez à une ISAP en lien avec une problématique relevant de la protection de l’enfance et des mineurs isolés étrangers cet exemple est fait pour vous !  
Si vous recherchez une méthodologie pour l’exposé oral du DPP je vous invite à consulter cet article : 5 conseils pour réussir la soutenance orale au DPP

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MINEUR ISOLÉ ÉTRANGER ET PROTECTION DE L’ENFANCE : UN STAGE À L’ASE


I Cadre et spécificités du lieu de stage 

1.  Le Conseil Départemental 

Le Conseil Départemental apparaît comme le principal destinataire des transferts de compétences effectuées par l’État depuis 1982. Ainsi, les lois de décentralisation du 2 Mars 1982, du 22 Juillet 1983 puis du 13 Août 2004 ont permis de donner puis de renforcer les compétences du Conseil départemental en le plaçant comme chef de file de l’action sociale. Ainsi, il met en œuvre sa politique d’action sociale en coordonnant diverses actions sociales comme l’aide aux personnes handicapées, l’aide aux personnes âgées, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), la protection maternelle et infantile (PMI), l’insertion sociale et professionnelle dans le cadre de la lutte contre les exclusions, l’aide au logement…

2. Présentation du dispositif de protection de l’enfance à l’ASE

Le service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) est un service du département, placé sous l’autorité du Président du conseil départemental, qui a pour mission la protection de l’enfance définie par la loi du 5 Mars 2007.La France dispose d’un système de protection des mineurs qui se décline de deux manières: le système administratif sous la responsabilité du Président du Conseil départemental et le système judiciaire représenté par le Procureur de la République et le juge pour enfants. 
La mise en place de mesures dans le cadre de la protection administrative se fait avec l’accord de la famille ou à sa demande et sont décidées par l’inspecteur de l’aide sociale à l’enfance. Ces mesures se déclinent sous la forme d’aide financière, d’aide à la gestion du budget familial à travers l’accompagnement budgétaire des familles (AESF), d’aide à domicile comme l’intervention d’une Technicienne de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF) ou bien de service d’action éducative (Action Educative à Domicile). Cette protection administrative se met en place lorsqu’il existe un danger ou un risque de danger et si la famille accepte l’intervention des services sociaux. Dans le cadre de la protection judiciaire des mineurs en Assistance Educative, les mesures ne sont pas subordonnées à l’accord de la famille. Ces dernières sont prises par une décision de justice, elles s’imposent donc à la famille. Le juge pour enfants peut décider d’une mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial, d’une mesure éducative que l’on appelle l’Assistance Educative en Milieu Ouvert (AEMO), d’Mesure Judiciaire d’Investigation éducative (MJIE),  d’une ordonnance de placement provisoire (OPP).

3. Présentation du terrain de stage et les missions de l’assistant de service social à l’ASE 

Dans le département où j’ai effectué mon stage, les équipes de polyvalence de secteur, la Protection Maternelle et infantile et de l’Aide Sociale à l’Enfance sont regroupées dans un service social départemental qui intervient sur trois communes du département.Au sein de ce service, l’équipe « enfance » est composée d’un responsable enfance, de trois éducateurs spécialisés,  de deux assistants de service social, d’une psychologue à temps partiel ainsi que d’une secrétaire, L’équipe travaille en partenariat avec la PMI, le service social départemental, les lieux de placements (foyers, Placements familiaux…).les établissements scolaires, les centres de soins (CMP, CMPP…) L’assistant de service social aide des familles qui rencontrent des difficultés dans la prise en charge ou l’éducation de leurs enfants. Il apporte un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs et à leur famille lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés sociales et/ou éducatives risquant de les mettre en danger.Enfin, dans le cadre de la protection de l’enfance, la démarche pour les mineurs isolés primo arrivants consiste d’une part à assurer leur protection puis d’autre part à évaluer le comportement et le développement du mineur et de s’assurer qu’il puisse évoluer de façon suffisamment satisfaisante au sein d’un foyer éducatif ou d’une famille d’accueil.

II Énoncé de la situation

1. Choix de la situation ISAP

J’ai choisi de présenter cette situation parce qu’elle m’a permis d’appréhender le mode d’accompagnement d’une jeune mineure isolée tout en mettant en application les dispositifs propres à ce public. En effet, il m’a paru intéressant de présenter et de mettre en lumière les problématiques liées aux mineurs isolés dans le cadre de la protection de l’enfance ainsi que les solutions apportées par le service ASE et les différents partenaires ayant apporté leur soutien. 


2. Origine de l’accompagnement social

L’accompagnement de K âgée de 16 ans est intervenu dans le cadre d’une information préoccupante, en vue d’une saisine du parquet des mineurs, faite par un autre service social du département. En effet, l’accueil du public mineur isolé étranger est réalisé selon un tour de rôle de chaque circonscription. Suite à cela, K. est accueillie dans un foyer d’accueil d’urgence et a dû passer une radio d’âge osseux selon le protocole en vigueur dans le département. La radio révèle que la jeune est réputée majeure alors que son passeport et extrait d’acte de naissance déterminent qu’elle est mineure et sont considérés comme authentiques. 
Conseillée par les éducateurs du foyer elle sollicite par courrier la protection du Juge pour Enfants. Celui-ci, en audience du 18 décembre 2012, prend la décision d’une Ordonnance de Placement Provisoire (OPP).  Aussi, il confie la jeune à la Direction de la Protection de l’Enfance et de la Jeunesse (DPEJ) du département, qui a mandaté notre service en vue de démarrer un accompagnement éducatif avec elle. 

3. Recueil de données ISAP

Ces informations ont été recueillies lors du premier entretien que j’ai pu mener auprès de la jeune ainsi qu’en consultant différents rapports transmis par le service d’accueil d’urgence. 

Éléments de l’histoire familiale et les raisons de sa venue

K. est née à Bamako au Mali le 17 mai 1994. A l’âge de 5 ans, elle est confiée à son oncle maternel à Tombouctou (Mali) suite au décès de son père. La mère qui ne pouvait subvenir aux besoins de toute la famille est restée vivre à Bamako avec ses deux filles aînées jusqu’à son décès en 2010. De ce fait, K. a peu connu sa mère et ses grandes sœurs.A ses 16 ans, K. apprend que son oncle veut la marier avec un proche de la famille contre son gré. Dès lors, elle a décidé de s’enfuir avec l’aide d’un voisin qui lui a proposé de l’emmener en France. Elle a ainsi traversé le Mali jusqu’en Algérie afin de prendre un bateau pour rejoindre Marseille, puis l’Île de France. Lors de son arrivée en région parisienne, le 15 novembre 2012, ce voisin qui semblait être bienveillant, a, d’après la jeune, tenté abuser d’elle. Après avoir passé deux jours chez ce dernier, K. a pris la fuite et est restée trois jours en errance, sans avoir pu accéder à un hébergement. Aussi, pour être à l’abri du froid elle n’hésitait pas à rester le plus souvent possible dans les transports en commun bien qu’elle ne connaissait pas les villes qu’elle parcourait. 
Sur les conseils d’un passant qui s’est rendu compte de ses difficultés en l’ayant aperçue errer, K. s’est rendue aux Restos du Cœur. Des bénévoles, alertés par la situation, ont eux-mêmes orienter la jeune vers le service social départemental afin qu’elle soit accueillie par un assistant de service social. 
Au vu de la situation, une information préoccupante est faite par ce professionnel auprès de la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP). Suite à cela, la CRIP a orienté la jeune vers un foyer d’accueil d’urgence afin d’apporter une réponse immédiate à la rupture d’hébergement ainsi qu’une mise à l’abri.

L’arrivée de la jeune au sein du foyer 

K. est arrivée au Foyer, le 21 novembre 2012 en accueil d’urgence et ceci pendant une période de quatre mois. Dans le cadre de cette prise en charge, elle a été accueillie par une famille relais conventionnée (qui se trouve dans un autre département), le soir et les week-end. En effet, la particularité de ce foyer réside dans le fait que les jeunes peuvent être accueillis également au sein d’une famille relais le temps de la prise en charge. De plus K. a été perçue par ses éducateurs comme une jeune fille souriante, intelligente et attachante au contact agréable qui ne remet jamais en cause l’autorité.  Aussi, K. a retrouvé au sein du foyer d’autres jeunes de la communauté Malienne. Envers ces derniers, elle adoptait un comportement protecteur qu’elle qualifiait de grande sœur.

Scolarité 

Au Mali, K. a été contrainte par son oncle, d’arrêter ses études en classe de 3ème. D’après K. cet arrêt brutal a été particulièrement mal vécu car elle portait un intérêt certain à l’enseignement scolaire.Un mois après son arrivée en France, K. a suivi un atelier scolaire, qui est une action éducative de jour destinée en priorité aux jeunes déscolarisés issus du département. Les  élèves sont accueillis pour des périodes, allant d’un mois à un an. De ce fait, elle a pu suivre du lundi au vendredi, un accompagnement scolaire individualisé qui comportait des cours de français, mathématiques, de langues, mais aussi des ateliers de théâtre, d’équitation et d’art plastique. La jeune souhaitait ainsi consolider et développer ses acquis fondamentaux tout en découvrant des activités de médiation. K. a investi cet espace de travail et s’est montrée tout au long des ateliers scolaires assidue, consciencieuse et intéressée d’après ses anciens professeurs. 
Cependant, d’après ses éducateurs, K. semblait dans un premier temps être dans la retenue. En effet, la jeune disait qu’elle avait besoin de temps pour s’investir dans les activités qu’elle ne connaissait pas (équitation, théâtre…). Progressivement, K. paraissait plus volontaire au sein des ateliers et portait un intérêt particulier à l’apprentissage. Quelques semaines plus tard, suite à un bilan réalisé dans un Centre Information et d’Orientation et à une demande d’affectation par les éducateurs du foyer, K. a été scolarisée dans un lycée professionnel en seconde ASSP (Accompagnement, Soins et Service à la Personne). Cette orientation correspondait à son projet initial, en effet, la jeune souhaiterait à long terme intégrer une formation d’aide-soignante.  

Situation administrative

A son arrivée en France, K. avait en sa possession un passeport et un acte d’extrait de naissance. Étant mineure et du fait de sa prise en charge, elle est protégée par l’Aide Sociale à l’Enfance contre tout risque d’expulsion.

Santé 

K. a pu bénéficier d’un bilan de santé auprès du COMEDE (Comité Médical pour les Exilés). Celui-ci permet le démarrage des soins et le dépistage des pathologies selon le pays d’origine. Il s’est avéré par la suite que la jeune ne souffre d’aucune maladie ou infection. Par ailleurs, la jeune bénéficiait d’un accompagnement psychologique au sein du foyer d’accueil d’urgence.


III. Analyse de la situation et projet d’intervention pour une MIE

L’analyse de la situation de la jeune K. en lien avec son histoire familiale permettrait d’évaluer d’une part la façon dont s’est déroulée sa construction identitaire. En effet, la problématique principale de la jeune est sans doute liée à un parcours ponctué d’abandons et de dévalorisation. D’autre part, cette réflexion permettrait d’apporter des éléments de réponse sur le comportement actuel de K. afin de tenter d’affiner les actions que nous pourrions mettre en place.


A)Adaptation de la jeune K au sein du foyer

Malgré les épreuves difficiles auxquelles elle a dû faire face, K. est une jeune fille volontaire et particulièrement souriante selon les éducateurs avec lesquels elle évoluait. Aussi et bien qu’à son arrivée au Foyer, K. était introvertie et timide, son intégration s’est faite progressivement tout en sachant s’adapter aux règles du foyer. Par ailleurs, il apparaît qu’elle ne remet jamais en cause l’autorité et acquiesce à toute demande. Toutefois, je m’interroge sur ce comportement car K a été confrontée à d’importantes difficultés qui pourraient être traumatisantes. Le fait qu’elle évoque peu son mal-être et qu’elle soit en mesure de démontrer une importante capacité d’adaptation au sein d’un groupe et d’une structure qu’elle ne connaît pas m’incite à être particulièrement vigilante. En effet, cela risquerait d’être néfaste pour la jeune de ne pas extérioriser des sentiments négatifs. Toutefois, je pose l’hypothèse qu’il est également possible d’expliquer cela en faisant le lien avec sa culture d’origine puisqu’au Mali et dans de nombreux pays d’Afrique, l’obéissance des aînés est un principe, semble-t-il, intégré par les jeunes. Enfin, le concept de résilience est également susceptible de s’appliquer à cette MIE


B)La socialisation avec les jeunes du Foyer

 L’adaptation de K. au sein du foyer s’est faite progressivement. Cette dernière a dû apprendre à vivre en collectivité et en particulier avec d’autres jeunes. Toutefois, K. a su démontrer une forte capacité d’adaptation puisqu’elle a rapidement trouvé sa place dans la structure. Aussi, les relations avec les autres jeunes se sont apparemment déroulées sans difficulté. Au contraire, K. a même adopté une attitude protectrice vis-à-vis des autres résidents du foyer, en particulier auprès des plus jeunes de sa propre communauté. En effet, le fait de retrouver ses pairs lui a sans doute permis de se sentir davantage en confiance. Toutefois, je m’interroge quant à cette attitude de protection envers les plus jeunes de sa communauté car même si effectivement il est souhaitable pour elle de tisser des liens avec les autres résidents j’évalue que cela ne devrait pas se réaliser au détriment de sa propre situation. En effet, la jeune K. a eu un parcours particulièrement chaotique qui nécessite un important soutien. Je crains qu’à trop vouloir aider ses pairs elle s’oublie et porte les problématiques des autres jeunes. Ce comportement pourrait s’expliquer par le fait d’avoir été contrainte de quitter l’école de façon précoce tout en ayant dû exercer un rôle de suppléante maternelle qu’elle semble reproduire à l’heure actuelle. 

C) Relation avec l’équipe éducative 

K. entretient des relations satisfaisantes avec l’équipe éducative. Il semblerait d’après les professionnels du foyer, que la relation éducative s’est construite peu à peu avec la jeune. Aussi, bien qu’elle échange facilement autours des sujets de la vie courante, elle émet davantage de réserve lorsqu’il s’agit d’évoquer certains traitements qu’elle a subis tels que le mariage forcé ou la relation avec son oncle au Mali. Cela est encore compliqué à aborder pour la jeune au regard de la rapidité à laquelle ces événements se sont déroulés. Dès lors, il conviendrait selon moi de ne pas tenter coûte que coûte de lui demander de s’exprimer à ce sujet. A l’inverse cela pourrait être néfaste car cela lui renverrait sans cesse ces histoires douloureuses comme si  elles n’étaient que les seules composantes de son identité. C’est pourquoi je pose l’hypothèse qu’il semblerait plus pertinent d’axer mes interventions sur ses potentialités et ses acquis tout en restant à l’écoute lorsque la jeune souhaitera s’exprimer. Par ailleurs, j’évalue que le soutien psychologique réalisé par la psychologue du foyer pourra lui être bénéfique par la suite. 


D) Les relations avec la famille relais

Il apparaît que les relations entretenues entre la jeune K. et sa famille d’accueil était harmonieuses et particulièrement satisfaisantes pour tous. En effet, au sein de cet environnement favorable K. semblait apprécier la place qui lui a été attribuée. Elle a ainsi participé activement à la vie familiale  en ayant une place d’adolescente et non plus d’adulte où elle exerçait dans son pays d’origine une fonction presque parentale. K. a évolué chez cette famille pendant quatre mois en ayant à l’esprit les limites de ce mode d’accueil et sans rechercher de substitution parentale. 

E La scolarité de la jeune

K. semble particulièrement souffrir de ne pas avoir pu prolonger sa scolarité et accéder à une formation qualifiante. A ce propos, elle évoque souvent et avec insistance le désir de reprendre l’apprentissage en vue de se qualifier et d’exercer la profession d’aide-soignante. J’évalue qu’il s’agit-là d’un enjeu fort la concernant. En effet, le fait de pouvoir se former et accéder à un emploi constitue pour elle une stabilité à plusieurs niveaux. Cette ascension serait un moyen de conjurer un passé qu’elle n’a pas pu maîtriser et d’acquérir une indépendance dans la vie future. Cette capacité à se projeter et disposer d’un projet professionnel fort constitue chez la jeune K. une preuve de maturité et surtout de détermination malgré les épreuves auxquelles elle a dû faire face.  

IV La construction du projet personnalisé 

Durant ces trois mois d’accompagnement, j’ai rencontré la jeune six fois. En parallèle, nous avons ma formatrice et moi-même, réalisé des entretiens avec l’équipe éducative du foyer d’accueil d’urgence et un entretien avec la responsable d’équipe du nouveau foyer lors d’un entretien de pré admission et d’admission. Dans le cadre de cette situation, notre hypothèse de travail s’est orientée dans un premier temps, vers une orientation au sein d’un lieu adapté aux projets de la jeune, puis dans un second temps vers un accompagnement social et professionnel avec toutefois une priorité sur la régularisation de sa situation administrative. Ainsi les objectifs de travail ont été construits conjointement avec K. en tenant compte de son rythme et de ses projets bien qu’une attention particulière soit portée sur la cohérence de ces derniers. 


A)le projet personnalisé établi en accord avec la jeune

L’axe orientation vers un foyer éducatif pour une prise en charge à long terme : procéder à l’admission de la jeune au sein d’un foyer éducatif en lien avec ses projetsL’axe formation : K. souhaiterait à terme intégrer une formation d’aide-soignante. Une remise à niveau en français semble être nécessaire.L’axe administratif : Ce dernier axe s’est traduit par la mise en place des démarches nécessaires à la régularisation de sa situation administrative.

B)La mise en œuvre des actions 

L’axe orientation vers un foyer éducatif à long terme : Suite à mon premier entretien avec la jeune, j’ai transmis les informations que j’avais recueillies auprès de K. à ma formatrice de stage. Celle-ci m’a alors demandé d’effectuer des recherches au sein du département afin de trouver une place dans un foyer éducatif susceptible d’accueillir la jeune à long terme. 
J’ai alors procédé à cette recherche grâce à une liste de toutes les structures existantes dans le département. Le jour même et suite à plusieurs appels téléphoniques, j’ai reçu une réponse favorable d’un foyer éducatif. Ces derniers m’ont informé qu’ils souhaitaient étudier la demande en me proposant de leur faire parvenir un rapport d’admission retraçant le parcours de la jeune (prise en charge, comportement, scolarité, santé et projets). J’ai ainsi rédigé ce rapport dans lequel j’ai retranscrit les éléments essentiels à la compréhension de sa situation que j’ai transmis à la responsable du foyer. 
Quelques jours plus tard, nous avons eu une réponse du  foyer éducatif pour une pré admission en compagnie de K. L’objectif de cette rencontre était dans un premier temps pour la responsable de l’équipe éducative de rencontrer la jeune en lui présentant le fonctionnement du foyer et ainsi que de visualiser son futur lieu de vie tout en lui donnant la possibilité de poser des questions et d’échanger autour de ses projets. Notre rôle a été de faire le lien entre le foyer éducatif et K. Nous avons accompagné la jeune pour qu’elle puisse bénéficier d’un soutien de notre part mais également d’évaluer la cohérence du projet de service de la structure. En effet, bien que les places en foyer restent chères nous souhaitions proposer à la jeune l’orientation la plus appropriée à ses besoins. Ainsi lors de cette rencontre K semblait être en confiance vis à vis de cette structure et échangeait naturellement avec la responsable. 
Suite à ce rendez-vous j’ai proposé à la jeune de discuter autour de ses ressentis et il s’est avéré que, bien qu’elle appréciait ce nouvel endroit, des craintes persistaient. En effet, elle exprimait des appréhensions à l’idée d’à nouveau changer de mode d’accueil ne sachant pas comment celui-ci évoluerait. Durant cet échange, j’ai tenté de rassurer la jeune K en lui expliquant que nous avions également trouvé ce lieu en fonction de sa situation. Surtout j’ai valorisé son parcours antérieur en m’appuyant sur ses capacités d’adaptation. Enfin, je lui ai rappelé que notre service allait continuer son accompagnement et qu’elle pouvait se confier à nous si des événements futurs remettaient en cause l’évolution positive de son hébergement. K semblait apaisée suite à cette discussion et a formulé un accord pour effectuer l’admission qui s’est faite une semaine plus tard. Cependant, quitter l’ancien foyer a été difficile pour la jeune car elle a tissé des liens forts avec l’équipe éducative qui l’a soutenue pendant une période complexe de son parcours. 
En ce qui concerne sa scolarité : Suite à ces tests, K a pu bénéficier une affectation dans un lycée professionnel dans le département en seconde pro ASSP  (Accompagnement, Soins et Service à la Personne) depuis le 25 février 2013. La jeune a exprimé une satisfaction à suivre sa scolarité dans cet établissement. Bien que le rythme de travail soit soutenu et qu’il lui arrivait de ressentir des difficultés de compréhension, elle semblait apprécier les enseignements qui lui sont proposés. Toutefois et quelques semaines après son début de scolarité, K. m’a exprimé d’importantes difficultés à suivre en classe. Aussi, elle me confiait qu’elle ne parvenait pas à rattraper son retard et qu’elle se sentait en décalage avec ses camarades. En conséquence, nous avons avec l’aide des éducateurs du foyer mis en place un atelier de remise à niveau afin que la jeune puisse approfondir ses connaissances en français. De plus, un soutien aux devoirs lui a été proposé tous les soirs. Par ailleurs, une autre jeune du foyer qui est également scolarisée dans la même classe que K. mais dans un autre lycée lui a proposé son aide. La jeune K. a montré une forte reconnaissance devant l’aide apportée et a compris qu’elle serait soutenue face aux difficultés rencontrées.  Enfin, nous avons pris contact avec l’assistante sociale scolaire du lycée de la jeune afin que celle-ci puisse se mettre en lien avec K. et d’être identifiée comme personne ressource au sein du lycée si besoin.  
L’axe administratif : Au regard de la situation administrative de la jeune, j’ai pris contact avec le Pôle Droit Jeunesse du département afin d’obtenir des informations concernant les possibilités de régularisation des mineurs isolés étrangers ayant subi un mariage forcé. La professionnelle m’a apportée plusieurs éléments de réponses que j’ai retransmis à ma formatrice de stage. Après avoir informé la jeune, nous avons ainsi réalisé une demande auprès de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) au titre du mariage forcé afin de pouvoir bénéficier du statut de réfugié sur la base de ses craintes personnelles et ainsi obtenir une carte de séjour de dix ans. Si cette démarche  n’aboutissait pas il est prévu de faire une demande de carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » au titre de la poursuite d’études secondaires. J’ai expliqué à la jeune les enjeux de ces différentes demandes et elle semblait décontenancée par la complexité de ces démarches. J’ai tenté de la rassurer en lui expliquant que nous étions présents pour la soutenir et que nous l’accompagnerions dans ces différentes demandes. 

V Évaluation du plan d’action de l’ISAP

A la fin de l’intervention sociale et éducative menée auprès de la jeune K. j’ai pu constater plusieurs évolutions dans sa situation. Dans un premier temps, la jeune, malgré un parcours difficile et un passé douloureux a su démontrer une importante motivation et détermination à améliorer ses conditions de vie. En effet, au niveau scolaire, celle-ci est passé d’un suivi d’ateliers à une classe de seconde professionnelle orientée vers le soin et l’aide aux personnes. Cela est d’autant plus important que les enseignements proposés correspondent en tout point à son projet initial qui est de devenir aide-soignante. De plus et malgré un début de scolarité difficile à suivre de par ses carences en langue française, la jeune a su se saisir des soutiens proposés et s’est sentie par la suite plus en confiance et en capacité de progresser ce qui a d’ailleurs été mis en relief par ses professeurs. 
Par ailleurs, malgré une certaine vulnérabilité supposée en début de rencontre, la jeune K. a été en capacité de mettre en avant ses potentialités a rapidement su s’adapter et adhérer aux solutions que nous lui avons proposées. Cette attitude dénote une véritable maturité avec une visée à long-terme de son insertion sociale et professionnelle. De plus, K. qui était isolée en arrivant en France a pu, progressivement, nouer des liens étroits avec certains jeunes de sa classe mais aussi au sein du foyer dans lequel elle est prise en charge actuellement. A ce propos, les professionnels de cette structure m’ont fait part de leur satisfaction concernant la jeune notamment au regard du respect des règles et de la participation à la vie collective. Enfin, et concernant la poursuite des objectifs de régularisation de sa situation administrative la jeune était toujours dans l’attente d’un entretien lors de ma fin de stage. 

IV Conclusion de l’ISAP

A travers cette situation de protection de l’enfance j’ai eu la possibilité d’intervenir auprès d’une adolescente reconnue mineur isolée sur une longue période ce qui m’a permis de pouvoir évaluer les effets à moyen terme de l’accompagnement social proposé. En effet, le fait d’être intervenue en autonomie m’a incité à sans cesse remettre en question ma pratique et mon positionnement afin d’adapter au mieux mes réponses face aux différentes demandes de la jeune K. Ainsi, ses problématiques étaient particulièrement complexes et j’ai su saisir l’intérêt de ne pas agir seule mais de pouvoir s’appuyer sur l’équipe et les partenaires qui gravitent autour de la situation. C’est en ce sens que les conseils avisés de ma formatrice de stage ont été particulièrement bénéfiques. De même, le regard complémentaire des professionnels du foyer par exemple m’ont fortement aidé à mieux analyser cette situation. 
Par ailleurs, j’ai pu mettre en pratique un travail en réseau et en partenariat de la façon la plus large possible puisque j’ai eu à travailler en liaison avec de multiples professionnels dans l’intérêt de la jeune. A ce propos, la relation qui s’est instaurée entre elle et moi s’est réalisée au fil de l’accompagnement et j’ai pu évaluer lors de la fin de l’intervention la confiance que m’a accordée K. J’évalue que pour parvenir à une relation d’aide entre la jeune et moi-même, il était pertinent de lui apporter un cadre à la fois sécurisant et structurant. Une fois celui-ci instauré, j’ai essayé, pour ma part, de me positionner dans une nouvelle dynamique en valorisant ses avancées et acquisitions.
Enfin, cette intervention m’a permis d’enrichir mes connaissances sur le dispositif de la protection de l’enfance et notamment les aides du département apportés aux mineurs isolés étrangers et comment ces derniers se saisissent de l’aide de sociale à l’enfance pour se reconstruire. 

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