Un exemple d’une autoévaluation au DPP assistant social

Je vous avais déjà proposé une méthodologie générale de l’autoévaluation qui figure dans le DC1 assistant social. Vous m’aviez demandé à plusieurs reprises un exemple complet d’une auto évaluation. C’est chose faite dans cet article ! 

Si vous recherchez une méthodologie pour l’exposé oral du DC1 je vous invite à consulter cet article : 5 conseils pour réussir la soutenance orale au DPP

COACHING DEASS : ASI, ISIC, AUTOEVALUATION ET SOUTENANCE ORALE 

N’hésitez pas à vous inspirer de cette auto éval pour rédiger la votre. Si toutefois vous aviez des difficultés dans la rédaction de votre autoévaluation, de votre ASI ou votre ISIC n’hésitez pas à me contacter pour une correction et une relecture de vos écrits. En parallèle, nous pouvons également préparer ensemble la soutenance afin d’arriver serein à l’oral DC1
Bon courage !

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EXEMPLE DE L’AUTOÉVALUATION D’UN ASSISTANT SOCIAL DANS LE CADRE DU DC1 AU DEASS

I Mon parcours antérieur et mes motivations à intégrer la formation

Le choix de devenir assistant de service social s’enracine tout d’abord dans ma connaissance de la réalité sociale que j’ai approchée durant les années qui ont précédé l’entrée en formation DEASS pendant mon cursus universitaire. En effet, à l’issue de l’obtention du baccalauréat j’ai poursuivi mes études en premier cycle de sciences sociales à l’université jusqu’à l’obtention d’une licence. En m’initiant à des enseignements tels que la sociologie, la démographie ou l’ethnologie j’ai pu affiner mon analyse des phénomènes sociaux et urbains et prendre conscience de l’impact de la société actuelle sur les individus. Interpellé et motivé par l’idée qu’il n’y a pas de fatalité à la précarité et au désarroi des personnes, j’ai souhaité m’investir en tant que bénévole pour contribuer, à mon échelle, au changement social. J’ai ainsi intégré une association caritative d’envergure nationale afin de participer à l’accueil du public au sein d’une épicerie sociale. Dans ce cadre, j’ai pu me rendre compte de la précarité financière dans laquelle évoluaient les familles et surtout des ressources de ces dernières qui, bien qu’en difficulté, exploitaient leurs potentialités pour améliorer leur quotidien. J’ai ainsi découvert l’importance pour la population, au-delà de la satisfaction des besoins les plus primaires (se nourrir), la nécessité d’être entendu et compris sur d’autres besoins plus profonds. Mais dans le même temps je ressentais les limites de mon intervention en tant que bénévole, je n’avais pas de réponse à long terme à apporter aux personnes. A partir de cette prise de conscience je n’étais plus épanoui dans cette activité en restant dans le registre de la convivialité ou de l’empathie sachant que le soulagement immédiat ne résolvait pas la problématique de fond. Par conséquent, je me suis progressivement intéressé aux méthodologies d’intervention des travailleurs sociaux avec qui j’étais en étroite relation au sein de l’association. Ce faisant, j’ai découvert des principes et des valeurs qui m’ont fait écho tels que le non jugement, le respect du rythme de la personne et la bienveillance. Motivé par cet aspect de la professionnalisation, j’ai cherché à mieux appréhender les missions des travailleurs sociaux en dehors de la seule dimension caritative et c’est ainsi que j’ai découvert la diversité des professions du secteur social telles que les assistants de service social, les éducateurs spécialisés et les conseillers en économie sociale et familiale.
Durant ma licence, pour m’aider à peaufiner mon orientation vers un de ces métiers, j’ai réalisé des stages dans des structures accueillant des publics diversifiés (femmes victimes de violences, personnes en situation de handicap, secteur gériatrique). Cela m’a aidé à mieux me situer par rapport aux différentes approches des professions citées plus haut et de déterminer celle qui me correspondrait le mieux. L’approche globale des situations, l’analyse multidimensionnelle des personnes, le respect du secret professionnel, la déontologie et l’histoire de la profession ainsi que la diversité des structures dans lesquelles il est possible d’exercer m’ont amené à vouloir intégrer la formation d’assistant de service social. Ainsi, en entamant ces trois ans d’études j’avais le souhait d’acquérir une posture professionnelle humaine et technique qui passait à la fois par l’acquisition d’une rigueur méthodologique ainsi qu’une déconstruction de mes représentations.

II Des réflexions autours de notions m’ayant interrogé

1 La distance professionnelle 

Le stage de première année réalisé dans un centre maternel m’a fait prendre conscience des éléments spontanés et subjectifs que je mettais en avant dans mon approche de la relation d’aide. Or, ce sont surtout les échanges que j’ai eus avec ma référente de terrain assistante sociale qui m’ont permis d’en prendre conscience. En effet, ses conseils avisés m’ont aidé à repérer en quoi les affects que je pouvais projeter par moment impactaient sur la relation d’aide et les réponses apportées au public. La structure dans laquelle j’étais stagiaire accueillait des mères isolées en difficulté qui ont connu, pour certaines, des parcours compliqués tels que l’errance, la prostitution ou la violence conjugale. Même si durant ce stage je n’ai pas mené d’entretiens j’ai pu échanger avec ces femmes de façon informelle. En les écoutant, je me positionnais davantage dans la réactivité de mes émotions plutôt qu’en futur professionnel distancié. J’avais conscience de cela seulement je ne parvenais pas à jauger la distance nécessaire à établir entre elles et moi. Je me disais qu’en n’étant pas assez proche, elles ne voudraient pas se livrer car elles ne se sentiraient pas à l’aise. Parallèlement, je me suis rendu compte que cette approche de type « hyper-empathique » était contreproductive par rapport à l’objectif d’amener la personne à s’autonomiser et à trouver ses propres solutions. J’ai donc approfondi cette notion de distance tout au long de la période de stage et même par la suite en formation DEASS car j’ai compris qu’il ne s’agit pas pour moi d’éradiquer tout affect. 
A présent, je réalise, qu’à l’inverse, l’occulter et être dans une neutralité absolue était illusoire. En effet, les usagers se mobilisent également parce qu’ils « accrochent » avec nous d’un point de vue relationnel. Aujourd’hui, je suis pleinement conscient de ce levier et j’aurai à cœur tout au long de ma carrière professionnelle  en tant qu’assistant social de m’appuyer dessus tout ayant à l’esprit qu’il convient d’harmoniser les deux dimensions « distance-proximité » dans un juste équilibre. Par conséquent, ma crainte d’être à la fois trop interventionniste ou trop laxiste avec les personnes s’est estompée lors de mon stage de troisième année durant lequel mes responsabilités m’incitaient à remettre sans cesse en question ma pratique et mon positionnement face aux usagers afin d’être plus aidant. J’ai assimilé que ces derniers devaient être accompagnés un professionnel sûr de ses choix et qui sache leur exprimer clairement ce qui est bénéfique et ce qui pourrait être néfaste, le principal étant de formuler cela dans la bienveillance et le non jugement. J’ai ainsi pu mesurer l’intérêt de cette posture professionnelle auprès de l’usager afin de faciliter l’accompagnement tout en ne créant pas de relation de dépendance. Il s’agit également d’un ajustement que j’ai effectué à chaque entretien en fonction des personnes que je recevais et de leurs attentes.

2 Le respect du secret professionnel et le partage d’informations

Je tiens à évoquer ces deux notions que j’ai souvent questionnées durant mon cursus de formation DEASS. Si j’ai bien compris le secret professionnel tel qu’il figure dans le code de déontologie de l’ANAS, en revanche j’ai été quelque peu déstabilisé par le fait que, sur le terrain, il donnait lieu à une interprétation variable voire élastique. J’ai notamment été interpellé par le positionnement de certains professionnels qui me faisaient savoir que, selon eux, il était plus fructueux de ne pas « s’arc-boutait » derrière une conception rigide du secret et qu’un partage d’informations compatible avec le secret professionnel était possible. 
En ce sens ma référente de stage assistante sociale de troisième année m’a particulièrement aidé à appréhender et à ciseler ce que je pouvais délivrer comme informations aux partenaires et ce qui révélait du secret professionnel au sens strict. Par exemple, lors d’une synthèse réalisée avec la Protection Maternelle et Infantile (PMI), le Centre Médico Psychologique (CMP) et l’assistante de service social scolaire concernant les troubles d’un enfant hébergé au CHRS (profond mutisme) j’ai, pour ma part et avec l’accord préalable de la mère, évoqué à mes partenaires une information leur permettant de décoder le comportement de l’enfant en communiquant le fait que le père avait quitté le domicile. En effet, il m’a semblé que cet élément était capital à la compréhension des changements observés chez le jeune garçon.

3 Les apports de la théorie dans la relation d’aide

Tout au long de ces trois ans de formation DEASS, j’ai mis en œuvre une approche visant à considérer la personne dans sa globalité tout en intégrant au maximum la compréhension de sa complexité dans son environnement. C’est en ce sens que j’ai eu à cœur d’utiliser les référentiels théoriques dispensés en formation de manière à intégrer les cadres sociaux, familiaux ou encore culturels afin de les analyser et de les mettre en lien avec les différents axes qui pouvaient caractériser les situations. J’ai, ainsi, pu mesurer sur le terrain la pertinence de cette approche multidisciplinaire. En effet, je me suis rendu compte au fil de mes stages que mieux connaitre l’individu, aussi bien psychologiquement que socio culturellement, m’amenait à être plus perspicace dans la perception de ses besoins notamment en étant de plus en plus apte à déceler l’implicite et les non-dits. Il est vrai que dans certains contextes professionnels il n’est pas toujours aisé de prendre le temps nécessaire avec l’usager pour procéder à tous ces décodages. Cela peut s’expliquer par notre cadre d’intervention ou la spécificité du public. 
Toutefois, même s’il m’arrive de ne plus revoir une personne car sa demande était ponctuelle, je tente de faire en sorte d’être extrêmement vigilant quant à la qualité de l’accueil et de l’écoute active que j’apporte à l’individu. En conséquence, je garde de toutes ces expériences de stage un principe qui m’est cher à savoir de m’auto-observer pendant les entretiens même dans les moments où je pouvais être peu disponible. J’essayais, par ailleurs, d’être particulièrement attentif et de mobiliser les fondamentaux de la technique d’entretien afin de ne pas altérer les interactions entre la personne et moi-même.Toutes ces expériences en tant que stagiaire assistante sociale ont ainsi régulièrement été questionnées par les enseignements dispensés au sein du centre de formation et notamment par les matières contributives à l’intervention sociale telles que la sociologie, la psychologie, le droit ou encore l’économie. Par ailleurs de par mon parcours et mes centres d’intérêt je me suis passionné pour la dimension collective de l’intervention sociale et en ce qui concerne l’intervention sociale d’intérêt collectif (ISIC) que j’ai présentée dans ce dossier j’ai pu confirmer l’intérêt d’un travail de veille sociale des problématiques repérées sur le territoire afin de les faire remonter dans un souci de prise en compte des publics qui n’ont pas forcément la possibilité de faire entendre leurs voix et d’être force de proposition pour impulser l’accès aux droits et l’autonomie des personnes.Fort de toutes ces réflexions et prises de conscience j’ai pu mettre en œuvre des interventions aussi bien individuelles ASI que collectives ISIC auprès des usagers.

III L’acquisition d’une méthodologie d’intervention à la fois individuelle et collective

Lors des différentes rencontres et entretiens menés avec les usagers, j’ai pu m’initier et parfaire mon intervention sociale d’aide à la personne. En partant de la théorie je me suis rendu compte que son application sur le terrain n’était pas toujours transposable de façon figée et qu’il fallait par moment réajuster mon intervention afin de respecter le rythme de la personne. Par exemple, dans l’ISAP présentée dans ce dossier j’ai été amené à reconsidérer avec Monsieur certains axes de travail car son implication dans l’accompagnement n’était pas constante. La contradiction que j’ai évaluée dans ses actes m’a permis de relativiser ma vision de la situation. En effet, au début de l’accompagnement Monsieur exprimait une importante motivation à l’idée de s’insérer professionnellement. Pourtant, ce dernier n’était pas toujours ponctuel voire ne se présentait pas aux rendez-vous proposés par la Mission Locale et à d’autres organismes d’aide à la recherche d’emploi. Au lieu de tenir des jugements moralisateurs à l’égard de ce comportement ambivalent, je lui ai expliqué ce que je constatais pour qu’il puisse mettre des mots sur cette coexistence d’actes opposés (motivation/baisse d’implication) et que nous trouvions ensemble un moyen de l’aider. Ainsi, j’ai su mieux saisir le sens d’une attitude facilitante et non oppressante à l’égard du rythme de Monsieur.
Dans le cadre de l’ISIC, j’ai pu également mettre les techniques d’animation au service d’un positionnement d’assistant de service social. Cette démarche s’est caractérisée par une attitude vigilante à l’égard des interactions du groupe afin de ne pas laisser des membres de côté ou au contraire de réguler des comportements trop imposants au détriment de personnalités plus réservées. Il s’agissait également, me concernant, de ne pas perdre de vue le repérage des problématiques individuelles que je savais nécessaire de reprendre ultérieurement.
D’un point de vue des acquis professionnels, les différentes expériences que j’ai eues sur le terrain m’ont permis de conscientiser plusieurs composantes de l’accompagnement social auprès de personnes désireuses d’être soutenues. En effet, j’ai appris à conjuguer le rythme de la personne, sa demande et la réalité que je suis amené à renvoyer en tant que futur professionnel travaillant avec les limites que m’imposent mon cadre institutionnel et le contexte législatif et sociétal. Je pense notamment à une famille que j’ai accompagnée lors de mon stage de troisième année en CHRS. Le couple et ses deux enfants sont hébergés depuis six ans au sein de la structure et viennent tout juste d’être régularisés à travers l’obtention d’un titre de séjour d’un an. Pourtant, bien que le couple travaille tous deux en CDI l’accès à certains dispositifs, tels que le Droit Au Logement Opposable (DALO) ou les Accords Collectifs, n’est pas possible en raison de leur régularisation administrative récente. Il m’a été compliqué de faire comprendre cela à Monsieur et Madame qui sont complètement autonomes dans leurs démarches et n’avaient, en réalité, plus besoin d’un accompagnement social ni même d’un hébergement en structure collective. Cela m’a amené à devoir accepter et assumer la part de limites inhérentes à l’accomplissement de mes missions de future assistante sociale.

IV Conclusion de de l’autoévaluation et perspectives professionnelles

A l’issue des trois ans de formation DEASS, j’ai ainsi pleinement pris la mesure des enjeux du travail social. Je suis à présent ouvert à davantage d’horizon et mon regard critique s’est développé. Je souhaite poursuivre le chemin de la curiosité et de la connaissance, aussi bien sur les publics, les dispositifs que les éclairages théoriques à travers des lectures et des formations continues.
Enfin, en tant que boursier contre engagement d’un département d’Ile de France, je serais amené, en cas de réussite au diplôme d’Etat, à intégrer un poste d’assistant de service social contractuel dans un service social polyvalent de secteur. Il s’agit là d’une opportunité qui me permettrait de mettre en application le plus largement possible les compétences et connaissances que j’ai acquises tout en évoluant à l’échelle d’un territoire.

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