Méthodologie et exemple de l’ISIC sous la forme d’un TSG

03/09/2016
Si vous êtes amenés à réaliser une Intervention Sociale d’Intérêt Collectif dans une structure d’hébergement type CHRS ou maison relais vous trouverez dans cet article un exemple d’action collective. Ce projet a été mis en place par une étudiante que j’ai aidée à élaborer ses écrits et qui a obtenu 16 à l’écrit DC1 et 17 à l’oral au DEASS !
N’hésitez pas à vous inspirer de cette ISIC pour mettre en place la votre au sein de votre stage que vous soyez en formation CESF ou assistant de service social

Si vous recherchez une méthodologie pour l’exposé oral du DPP je vous invite à consulter cet article : 5 conseils pour réussir la soutenance orale au DC1

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Accompagnement à destination des étudiants en travail social
Accompagnement à destination des étudiants en travail social

ISIC EN CHRS AU DEASS OU DECESF 

Mon stage de deuxième année s’est déroulé au sein d’une association loi 1901, auprès d’un assistant de service social. Au-delà des accompagnements individuels, j’ai pu m’initier aux Interventions Sociales d’Intérêt Collectif (ISIC) notamment à travers celle que je présente dans ce dossier.  


1. PRESENTATION DU CHRS

L’association œuvre pour l’accès et  le maintien dans le logement pour tous, à l’échelle d’un département nord de la région parisienne. Elle est répartie en trois pôles d’activité indépendants les uns des autres. Le pôle formation, le pôle accompagnement social au sein duquel j’ai effectué mon stage et le pôle hébergement qui est une maison relais où j’ai réalisé l’ISIC.
La maison relais est une offre d’habitat durable intermédiaire tel que définie par la circulaire interministérielle du 10 décembre 2002 à  savoir dédiée à l’hébergement de « personnes à faibles niveaux de ressources, dans une situation d’isolement ou d’exclusion lourde, et dont la situation sociale, psychologique, voire psychiatrique, rend impossible à échéance prévisible leur accès à un logement ordinaire et qui fréquentent, ou ont fréquenté de façon répétitive des structures d’hébergement provisoire». La maison est une étape avant le logement autonome.Le principal objectif de la Maison Relais est de permettre à des ménages souffrant d’isolement,  de trouver dans cet habitat le cadre humain, chaleureux, sécurisant, qui facilitera leur mieux vivre. Concrètement, il s’agit de répondre aux besoins de personnes qui ne peuvent du fait de leur situation, trouver dans l’immédiat un équilibre de vie dans un logement autonome.
La maison relais est implantée dans une commune, de moyenne densité de population (23000 habitants environ), disposant d’un accès aux transports, aux commerces, aux soins. L’accès à la mairie et aux services de proximité se fait par bus. La Maison Relais composée de 23 logements meublés allant du T1 au T3, elle dispose également d’espaces collectifs dont un salon, une tisanerie, une bibliothèque ludothèque, un grand jardin, une cour intérieure, une laverie. Elle accueille 38 habitants, 28 adultes et 10 enfants. En terme de composition familiale, il y a des couples avec ou sans enfants et des personnes seules avec ou sans enfants. Toutes ces personnes sont fragilisées pour des raisons sociales, économiques, familiales, et/ou de santé. Ce sont des personnes avec de faibles ressources, occupant des emplois à temps partiels, et/ou bénéficiaires de minima sociaux.
La maison relais ne propose pas d’accompagnement social conformément à l’orientation  décidée par le directeur de l’association d’encourager les résidents à s’adresser aux services extérieurs. Le but visé étant l’acquisition progressive de l’autonomie dans leurs démarches. L’équipe de professionnels de la maison relais est composée d’une chef de service, un animateur socio-éducatif et un agent d’entretien. 

2. ENONCE DE LA SITUATION

Dans le cadre de mon stage au sein du pôle accompagnement social de cette association, l’occasion m’a été donnée de passer une demi-journée par semaine au sein de la maison relais afin d’en observer le fonctionnement et participer aux temps d’animation collective. En effet, tous les mardis après-midi étaient organisés au sein de la Maison Relais des temps collectifs d’animation (atelier crêpe, jeux de société, bourse aux vêtements…) afin de permettre aux résidents de se rencontrer, d’échanger, de créer des liens.
Ces temps d’animation auxquels je participais me permettaient d’échanger avec les résidents de la maison relais. Lors de nos échanges, la plupart m’expliquaient rencontrer des difficultés dans la gestion et le suivi de leurs démarches administratives. Les nombreux actes administratifs auxquels ils devaient faire face semblaient particulièrement éprouvants pour eux.
Par ailleurs, en échangeant avec les professionnels qui interviennent auprès des résidents et notamment la chef de service et l’animateur socio-éducatif, ceux-ci m’ont confirmé les propos que j’avais recueillis auprès des personnes. Ils m’ont expliqué avoir repéré des difficultés chez les résidents dans la gestion de leurs démarches administratives.

3. RECUEIL DE DONNEES ISIC

Lors de mes échanges avec les résidents de la maison relais, ces derniers verbalisaient de façon récurrente leurs difficultés dans la réalisation de leurs démarches administratives. J‘ai pu ainsi faire différents constats autour de ces difficultés. En effet, ils ont évoqués auprès de moi :  

  • Une méconnaissance de leurs droits et des circuits administratifs, notamment du fait d’un faible niveau d’instruction, mais également de la complexité de certains actes.
  • Des difficultés à se repérer dans l’espace, qui les empêchent de se rendre aux institutions. 
  • Une appréhension dans le fait de demander de l’aide, avec la peur de ne pas se faire comprendre par leur interlocuteur.
  • Un sentiment d’isolement et de solitude qui est accentué par leur appréhension à s’engager dans l’environnement extérieur. Ce constat a été confirmé par l’animateur qui avait constaté que malgré la présence des temps collectifs, il y avait très peu d’échanges, d’entraide, entre les résidents et que chacun restait souvent seul pris dans ses problématiques individuelles. 
  • Des pathologiques psychologiques voire psychiatriques, tels que la dépression, la bipolarité, entrainant un repli sur soi et le report perpétuel des démarches. 
  • Une propension chez certaines personnes à ne pas ouvrir leurs courriers, les laissant ainsi non traités. 

Certains résidents verbalisaient de façon récurrente leur frustration de ne pas bénéficier d’un accompagnement social au sein de la structure et de se sentir perdus au niveau de la gestion de leurs démarches administratives. Pourtant un travailleur social de secteur leur a été attribué à la sortie de leur précédente structure d’hébergement qu’ils peuvent solliciter en cas de besoin. Malgré cela, j’ai constaté en échangeant avec eux qu’ils ne parviennent pas à s’en saisir et à solliciter cette aide extérieure. Par ailleurs, lors de mes échanges avec l’animateur socio-éducatif, celui-ci précise que malgré l’orientation des résidents vers les institutions pour y trouver un soutien dans leurs démarches administratives, ils n’y vont pas. 
Ainsi, sur les 28 résidents, quatre m’ont expliqué avoir eu des interruptions de droits, notamment le RSA, car ils n’avaient pas remplis leur déclaration trimestrielle, ce qui les a mis en difficulté financière. Deux personnes n’ont pas renouvelé leurs titres de séjour dans les temps, ce qui engendré une suspension de leurs prestations CAF. Deux autres m’ont raconté ne pas avoir renouvelé leur CMU, et l’un deux ayant subi une opération en urgence a reçu une facture de l’hôpital qu’il n’a pas été en capacité d’honorer.  L’autre m’a expliqué ne pas voir pu se faire soigner depuis sa fin de droit à la CMU.  

4. ANALYSE FAVORISANT LE TSG

Le recueil de données met en lumière une difficulté commune à la grande majorité des résidents qui est celle de la réalisation de leurs démarches et qui provient de difficultés diverses qui peuvent en partie ou en totalité se cumuler. En effet, il est important de distinguer d’abord les personnes qui présentent des troubles psychologiques bien connus de spécialistes tels que l’aboulie et la procrastination. Ce sont des freins puissants qui ne peuvent pas se résoudre facilement car les personnes sont paralysées par l’angoisse, par un manque d’énergie qui les empêche de se mobiliser.En revanche, en ce qui concerne les publics qui ont un long parcours de passage dans plusieurs structures d’hébergement, un certain nombre de spécialiste de l’action sociale (ex : Fustier) ont évoqué que cet accompagnement social au sein de la structure peut induire un effet non prévu de dépendance envers les travailleurs sociaux. En effet, à leur corps défendant, ces derniers induisent chez les usagers qui sont hébergés dans la structure, une propension à les solliciter. Bien que cet accompagnement est fait pour leur redonner des repères, des habitudes, et les réinscrire dans le lien social, cela a l’effet non désiré qu’ils trouvent toutes leurs réponses en interne et cela a un effet désincitatif à ce qui est voulu au départ qui est l’autonomie. C’est un des paradoxes de l’accompagnement social dans cette configuration. A la sortie de la structure d’hébergement, cela peut créer chez les personnes un sentiment de manque, d’abandon, ce qui renvoie aussi à l’image qui a pu être projetée sur les travailleurs sociaux de la « bonne mère prodiguant tous les bons soins » pour des personnes qui ont eu des carences dans leur enfance et qui ont eu des problématiques d’abandon, de rejet, de perte, de deuil et qui en perdant cette ressource du travailleur social qui répond à tous ses besoins réactivent le sentiment d’abandon vécu dans leur enfance.
Par ailleurs, l’immense complexité des circuits administratifs de l’administration française, les démarches parfois contraignantes entraînent le découragement de certaines personnes et le renoncement à leurs droits. Mais au-delà de ces différentes explications, il n’en reste pas moins que ces personnes se mettent en danger. Le risque est que ces personnes s’ancrent dans ce mode de fonctionnement de difficulté de mobilisation ce qui risque de bloquer le processus d’autonomisation. Les personnes peuvent se précariser et revenir dans l’exclusion.  Il m’a paru nécessaire de proposer une action pour faire évoluer ce blocage. Etant donné que tous les résidents ont la même difficulté, l’action collective m’a parue être la démarche la plus pertinente. 

5. PROPOSITION D’ACTIONS

A ce stade et forte de ces constats et de l’évaluation, j’ai fait part à mon référent de stage de ma volonté de mettre en place un travail social de groupe (TSG) à visée autonomisante et créatrice de lien social. J’ai fait le choix d’une intervention collective car ces personnes sont très isolées et le groupe a une fonction d’apprentissage ou de réapprentissage de la vie sociale. Il permet de se réinscrire progressivement dans des liens sociaux, en luttant contre l’isolement, l’enfermement psychosocial, la méfiance ou le rejet des autres. Cette intervention consiste en une présentation des institutions et à la mutualisation pour les résidents des problématiques individuelles afin de favoriser l’entraide mutuelle. De plus, le repérage des institutions et services présents sur le territoire, leur permettra de mieux appréhender leur environnement de vie. Je souhaitais également que cette intervention leur permette d’échanger entre eux, de créer des liens. Ce TSG pourrait prendre la forme de plusieurs temps collectifs d’échanges et d’informations.
L’objectif général que j’ai posé est orienté vers une prise d’autonomie dans les actes de la vie quotidienne et notamment ceux liés aux démarches administratives tout en se positionnant dans une posture ouverte aux autres et à l’environnement extérieur. La finalité de cette ISIC étant de pouvoir donner les moyens et les outils suffisants aux résidents leur permettant de prendre confiance en eux et en leurs capacités afin d’aller au-delà de leurs difficultés en développant le sentiment d’appartenance à la société. En effet, certains de par leur parcours ont pu connaître le rejet et le renvoi d’une image négative ce qui a pu mettre à mal leur estime de soi. 
Mon référent de stage ayant approuvé l’idée d’élaborer un projet à visée collective pour les résidents m’a conseillé de contacter les professionnels de la maison relais et leur proposer une réunion afin de leur exposer mon projet. Je les ai contactés par téléphone et les ai conviés à un temps de rencontre qu’ils ont accepté.

6 La phase de préparation de l’ISIC en CHRS

Une première réunion a été organisée avec les professionnels de la maison relais. Les participants à ce temps d’échange étaient la chef de service, l’animateur socio-éducatif, mon référent de stage et moi-même. Lors de la réunion, nous avons mutualisé les constats et diagnostics que nous avons faits, ce qui m’a permis d’affiner le projet collectif dans sa construction. Au départ, la chef de service était hésitante pensant que cette action avait pour but de soutenir les résidents dans leurs démarches administratives à titre individuel. J’ai dû reformuler mes propos afin qu’elle saisisse les objectifs de cette intervention qui au-delà de la transmission d’informations sur les institutions et les circuits administratifs favorisant la prise d’indépendance des résidents, cette intervention avait également pour objectif de rompre un isolement verbalisé à plusieurs reprises par les personnes. J’ai également insisté sur le fait  que les difficultés que rencontrent ces derniers risquaient de fragiliser leur situation sociale. L’animateur socio-éducatif qui est en lien constant avec eux a fait part de ses craintes qui coïncidaient avec les miennes ce qui a favorisé un avis positif de la chef de service quant à la mise en place d’un projet collectif. 
A l’issue de son aval, cette dernière a souhaité connaître les modalités de fonctionnement de l’intervention et la façon dont elle allait être organisée. Nous nous sommes concertés avec l’animateur socio-éducatif et nous avons convenu ensemble qu’un temps de concertation avec les résidents allait être organisé afin qu’ils soient acteurs du projet. En conséquence au vue de la validation du projet par la chef de service, nous avons proposé aux résidents de nous réunir deux semaines après un mardi après-midi afin de nous concerter sur le projet et les modalités de sa mise en œuvre 


7 La réunion avec les résidents du CHRS sur le projet  « Autonomie et entraide face aux démarches »

Pour cette première réunion, l’ensemble des résidents était présent. Le groupe était composé de femmes et d’hommes âgés de 27 à 54 ans. Les parcours de vie de ces derniers étaient très différents puisque certains ont été auparavant pris en charge en centre maternel, en CHRS ainsi que dans un dispositif de logement intermédiaire. Afin de favoriser la convivialité tout en posant une rupture face à un cadre trop formel j’ai disposé sur une grande table du café, du thé, des jus de fruits et des assortiments de confiseries. Puis, j’ai pris la parole afin de présenter ce projet et la façon dont il pourrait se mettre en place. J’avais à ce titre préparé une trame mais finalement j’ai pu m’en détacher afin d’adopter un dialogue plus improvisé et moins rigide. Certains résidents ont pris la parole et plus particulièrement quatre personnes qui semblaient satisfaites que ce projet puisse se mettre en place. En effet, ils expliquaient que les procédures administratives étaient tellement complexes qu’à plusieurs reprises ils se sentaient démunis.
Cependant, au cours d’un moment ces personnes s’étaient positionnées dans une attitude de dénigrement du personnel de certaines institutions et de leur fonctionnement en général. J’ai voulu faire évoluer le débat au-delà de leurs ressentiments envers leurs interlocuteurs des administrations et des institutions pour les amener à une réflexion et des propositions d’actions constructives et pour ce faire, j’ai recentré le débat sur nos objectifs de travail. J’ai reconnu que les circuits administratifs étaient complexes tout en mettant en avant le fait que j’entendais leur difficulté et que justement ces temps de réunion avaient pour objectif de mieux saisir les aspects inhérents aux démarches administratives.  J’avais en effet la volonté que ce projet ne se transforme pas en tribunal contre les institutions mais à l’inverse qu’il puisse faire prendre conscience qu’effectivement les circuits administratifs pouvaient parfois être complexes mais que des outils pouvaient également être mis à leur disposition. 
En parallèle et devant la mobilisation de la parole de ces quatre résidents, j’ai souhaité que les autres présents puissent également nous rejoindre dans la discussion. Une femme a expliqué ne pas vouloir prendre la parole car cela la gênait de parler en public. Enfin, un homme a mis en évidence qu’une rencontre d’une demi-journée par institution était adaptée au regard des nombreuses démarches qu’ils ont à faire. Nous leur avons également proposé de choisir les institutions et les dispositifs qu’ils souhaitaient abordés des ateliers. Ils ont choisi la Caisse d’Allocations Familiales, la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. Avant de quitter la réunion nous avons demandé aux résidents s’ils pouvaient préparer en avance des questionnements qu’ils ont  vis-à-vis de ces institutions, des procédures qui lui sont propres et des difficultés rencontrées. Toutes les personnes ont accepté de le faire et ont confirmé leur présence à la prochaine réunion. 
Au vu des propositions des résidents et des échanges, nous avons décidé ensemble que cette action se déroulera sous forme d’ateliers sur un temps d’une demi-journée par semaine pour chaque thématique, avec la possibilité pour chaque personne de s’inscrire à l’atelier de son choix.  L’objectif opérationnel qui entoure ces ateliers était de proposer aux résidents d’arriver aux différents ateliers avec des questionnements relatifs aux différentes institutions présentées. Enfin, la finalité de ces ateliers était que les personnes puissent se saisir des informations apportées tout en tissant des liens avec les autres dans une démarche d’entraide mutuelle. 
3 ateliers ISIC : 
Un groupe de parole pour les procrastinateurs avec l’intervention d’un psychologueUn atelier pour l’explication des circuits administratifsUn atelier pour les difficultés d’organisation 

8 EVALUATION DE L’INTERVENTION

A l’issue de la première réunion avec les résidents à laquelle j’ai participé,  nous avons organisé un temps d’échange avec les professionnels de la maison relais et moi-même. Nous avons constaté que la mise en place de ce projet collectif répondait à un besoin qui émanait des résidents. Ces  derniers ont pu mettre en perspective parfois avec véhémence les difficultés personnelles qu’ils rencontraient au quotidien. Cette attitude a ainsi démontré la complexité dans laquelle ils se trouvaient et le sentiment d’impuissance face à cette problématique.
Il a également semblé que le fait de les avoir associés à ce projet leur a donné un pouvoir symbolique dans cette intervention puisqu’ils ont été acteurs de l’action. La prise d’autonomie évoquée comme étant une finalité de ce travail restera un indicateur d’évaluation constant tout au long de son déroulé c’est pourquoi j’ai tenté de favoriser au mieux cet aspect en leur proposant de choisir sans leur imposer de directives.
Le démarrage du projet CHRS a donc été évalué comme positif, cependant la volonté initiale qui était en plus de favoriser l’autonomie face aux démarches administratives de créer du lien social et de l’entraide mutuelle entre les résidents n’a pas pu être évalué avant mon départ. En effet, il était trop tôt pour évaluer les effets de cette ISIC uniquement sur une réunion de préparation. Je pose ainsi l’hypothèse que le fait d’avoir repéré un besoin commun lié aux difficultés des résidents à gérer leurs démarches administratives favorisera chez eux le sentiment qu’ils ne sont pas seuls dans cette situation et qu’ils peuvent s’entraider face à cette problématique commune. 

CONCLUSION DU PROJET COLLECTIF EN CHRS

Le bilan de la préparation de ce projet collectif a été fort en termes d’enrichissements personnels mais aussi de remises en question de ma pratique professionnelle. En effet, cette action m’a fait prendre conscience de la nécessité d’adopter une démarche de projet face à un besoin repéré en vue d’y répondre de la façon la plus adaptée. En ce sens, j’ai eu à cœur d’intégrer de la façon la plus large possible les outils méthodologiques qui m’étaient donnés. 
Au départ, je rencontrais des difficultés à saisir le sens d’une action sociale de groupe dans les institutions tant les interventions individuelles me semblaient prioritaires et prendre le dessus au quotidien. Finalement, je me rends compte de l’intérêt de la démarche d’ISIC dans la pratique puisqu’elle permet en complémentarité de l’ISAP de répondre à des besoins souvent exprimés et qui ne peuvent  pas être traités dans un cadre strictement individuel.En effet, j’ai saisi au cours de la réunion de préparation que les personnes se sentaient impliquées et surtout valorisées lorsqu’elles ont pu être forces de proposition. J’ai pu me rendre compte qu’associer les personnes dans des projets de service pouvait être une réponse au maintien ou à la restauration de l’estime de soi.
Aujourd’hui,  forte de cette expérience, je suis davantage à l’aise dans les pratiques collectives. J’ai ainsi pu me rendre compte que la réponse à une problématique ne réside pas uniquement dans les dispositifs institutionnels mais que les actions de socialisation et d’information avaient un réel intérêt dans la démarche d’insertion sociale. 

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