Méthodologie et plan d’un recueil de données ASI pour DEASS et DECESF

Le recueil de données est capital dans la compréhension d’une situation ASI. Le jury qui va évaluer votre accompagnement social individuel cherchera à appréhender une situation rigoureusement menée et cela passe par un recueil d’information abouti. Pour ce faire, il convient que vous soyez en capacité de conduire un entretien social avec tout ce qu’il recouvre en termes de relationnel, d’empathie et de distanciation. 
C’est pourquoi un recueil de données qui n’est pas complet risque de laisser penser à votre jury  que l’ASI que vous présentez est carencée voire défaillante vu que l’analyse et donc le plan d’action que vous avez élaborés ne sont pas adaptés à la réalité sociale de la situation. 
En conséquence et afin de vous aider au mieux à appréhender la rédaction de l’ASI je vous propose un recueil de données que je trouve très bien mené. Si vous souhaitez connaitre l’analyse de cette partie je vous invite à consulter cet article : 


L’analyse qui fait suite au recueil de données présenté dans cet article

Bon courage ! 
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Si vous rencontrez des difficultés dans l’écriture de votre ASI ou si vous souhaitez une relecture de vos dossiers n’hésitez pas à me contacter afin que l’on trouve ensemble une solution pour vous amenez à la réussite au DC1, DC2 et DC4. 

Accompagnement à destination des CESF et DEASS
Accompagnement à destination des CESF et DEASS

EXEMPLE D’UN RECUEIL DE DONNÉES ASI RÉALISÉ DANS UN CHRS

2 Le recueil de données ASI


Ces informations ont été recueillies lors des entretiens et des visites à domicile menés avec la famille. Par ailleurs, le dossier social du couple a également été consulté avec son accord afin d’obtenir davantage de précisions.

A La situation familiale, administrative et financière

  • Monsieur W, âgé de 22 ans, est né en 1989 au Cap-Vert.
  • Madame J, âgée de 19 ans, est née en 1992 à Paris.
  • Enfants : Joël, âgé de 3 ans, est né en juillet 2009 à Paris
  • Ana, âgée de 7 mois, est née en aout 2011 à Paris. 

Monsieur, de nationalité cap verdienne, est arrivé en France en 2003 à l’âge de 13 ans. Il vivait auparavant au Cap-Vert (son pays d’origine) chez sa grand-mère avec qui il continue de garder des liens forts. En effet, depuis son départ, il n’y est plus retourné. Il détient un récépissé renouvelé pour une période de cinq mois jusqu’à son prochain rendez-vous à la préfecture le 19 avril. Cette situation administrative s’explique par le fait que, depuis son arrivée sur le territoire, Monsieur n’a pas réalisé les démarches nécessaires à sa régularisation.  Madame et les deux enfants sont, quant à eux, de nationalité française. Leurs ressources s’élèvent à 855 € au titre du revenu de solidarité active « socle » calculé pour Madame et les enfants. Monsieur est exclu du dispositif par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) car il n’a pas de titre de séjour. 

B Du parcours d’errance du couple à la stabilisation familiale au sein du CHRS

Monsieur et Madame se sont rencontrés en 2007 par l’intermédiaire d’un ami commun. Ces derniers vivaient chacun chez leurs parents respectifs. Ceux de Madame étant divorcés, elle a préféré rester chez son père avec qui elle entretenait des rapports moins conflictuels. Monsieur, quant à lui, vivait avec sa mère, sa petite sœur et son beau-père. Il n’a pas de contact avec son père resté au Cap Vert qu’il a d’ailleurs peu connu. En effet, celui-ci s’est remarié quelques mois après sa naissance. En 2009, le père de Madame a été expulsé de son appartement et est contraint de vivre chez ses parents. Madame n’a pas été accueillie favorablement par ses grands-parents et a préféré aller vivre chez la mère de son petit ami. La situation entre le jeune couple et la mère de Monsieur se dégradant, ces derniers ont été contraints de quitter le domicile. D’abord recueillis par des amis, ils se sont rapidement retrouvés à la rue. Alors que Madame était enceinte de Joël, elle a pu être hébergée avec Monsieur chez son grand frère. Cependant, cette solution a été négociée jusque la naissance de l’enfant, le couple rencontra alors un assistant de service social de secteur afin d’être aidé dans sa recherche de logement ou d’hébergement. Par ailleurs, une aide éducative en milieu ouvert a été ordonnée par le Juge des enfants suite à une enquête réalisée par l’assistant de service social qu’a rencontré le couple. Ce professionnel a, en effet, évalué, chez les futurs parents, des difficultés à se projeter dans leur fonction parentale en raison du contexte d’instabilité locative et d’errance qui était de nature à compromettre l’intégrité morale et physique de l’enfant. Dès la naissance de Joël, la famille a été logée dans un hôtel en juillet 2009. Puis, en avril 2011, le couple et l’enfant sont orientés vers une studette en résidence sociale. Mais ce logement, ne pouvant accueillir le deuxième enfant du couple, Ana, car prévu pour trois personnes, la famille intègre le CHRS en juillet 2011 sur rapport social de l’assistant de service social de secteur.

C Le couple au regard de la scolarité et de l’emploi

Madame a achevé sa scolarité en 2008 à l’issue de la classe de troisième sans avoir obtenu le brevet des collèges. Elle a, par la suite, été accompagnée par la mission locale de son secteur. Au bout de quelques mois, elle n’a plus honoré ses rendez-vous avec la conseillère. Madame est restée plus d’un an sans avoir exercé d’activité professionnelle ou entamé de démarches l’amenant vers une formation. Suite la naissance de son fils Joël, celle-ci a souhaité accéder à un emploi afin d’améliorer le quotidien précaire de la famille. Elle a trouvé celui d’hôtesse de caisse dans un fast-food. Au bout de trois mois d’activités elle abandonne le poste, n’y trouvant pas satisfaction. Depuis, Madame est sans emploi. Elle souhaite s’inscrire en classe de CAP esthétique-cosmétique pour septembre 2012. Sa passion pour ce secteur l’amène, en effet, à vouloir se former pour ne plus exercer de métiers qui ne lui conviendraient pas.Quant à Monsieur, à son arrivé en France, il a intégré le collège en classe d’accueil pour enfant venant de l’étranger. Il a ensuite poursuivi sa scolarité en CAP dans le domaine de la carrosserie en 2007. Mais au regard des tensions fréquentes entre son beau-père et lui, Monsieur a arrêté sa formation en deuxième année de CAP afin de travailler de façon dissimulée dans divers chantiers. Le dernier emploi que Monsieur a occupé date de mars 2010. Il a exercé en tant que carrossier dans un garage durant cinq mois, toujours de façon dissimulée. A l’heure actuelle, il exprime avec insistance vouloir reprendre sa formation de CAP Carrosserie pour septembre 2012 et, de façon récurrente, il revient sur la nécessité pour lui de travailler et d’être autonome. Il invoque à cet égard le fait qu’il veuille prouver aux autres qu’il est en capacité d’être indépendant, que c’est « une question d’honneur et de revanche par rapport aux moqueries qu’il a subies de la part de certains de ses proches ». Son projet d’insertion professionnelle, au-delà d’améliorer le quotidien familial, permettrait à Monsieur de pouvoir financer un voyage au Cap-Vert. En effet, il me confiait régulièrement le désir d’y retourner afin de présenter sa compagne et ses deux enfants à sa grand-mère. Enfin, le couple évoquait fréquemment des difficultés au niveau de la maîtrise écrite et orale du français et s’empêchait certains projets à cause de cela.


D L’isolement ressenti par Madame

Madame m’a exprimé le souhait de s’inscrire dans des activités en dehors du CHRS pour ses enfants ainsi que pour elle-même Elle me demanda s’il existait des cours à tarifs réduits de danse moderne qu’elle a pratiquée durant son enfance. Elle m’a aussi expliqué qu’elle n’a pas l’occasion de mener une vie sociale enrichissante, ses seules sorties étant liées aux démarches administratives.Madame regrettait également le fait que son compagnon soit régulièrement à l’extérieur du domicile avec ses amis. Monsieur est, en effet, inscrit dans un club de football et fait partie d’un groupe de rap. Elle me rapporta s’occuper de façon continue de ses deux enfants et évoquait fréquemment une impression de ne plus vivre comme les autres femmes de son âge. En ce qui concerne la vie dans le CHRS, j’ai pu constater que Madame était peu visible et qu’elle ne participait pas aux actions collectives mises en place contrairement à Monsieur qui s’investit de façon active à celles-ci. Aussi, midi et soir Monsieur cuisine les repas familiaux et s’occupe du linge. Enfin, il est régulièrement à l’extérieur avec Joël.

E Les relations intrafamiliales

Lors des visites à domiciles que j’ai réalisées, Madame était régulièrement débordée par son jeune garçon qui, chahutant, l’empêchait de pouvoir me répondre. Il s’exprimait bruyamment et Madame n’arrivait pas obtenir le calme, cela à chaque entretien. Aussi lorsque celui-ci la sollicitait elle ne prêtait pas forcément attention à la demande de l’enfant. Ses manifestations et ses cris montaient en puissance et devenaient « insupportables » selon Madame. Du reste, elle me confiait que l’attitude de Joël est parfois « très difficile à gérer » et qu’elle est souvent « à bout ». Parallèlement à cela, elle ne se séparait jamais d’Ana et était attentive à ses besoins.Quant à Monsieur, il m’expliqua qu’il n’est pas à l’aise lorsqu’il est seul avec sa fille car il la perçoit fragile et craint de mal s’occuper d’elle. Enfin, le couple me confiait ses difficultés à endormir Joël qui, d’ailleurs, n’acceptait pas de se coucher sans la présence de son père. D’après Madame, le jeune garçon avait peur du noir et uniquement la présence du père parvenait à le rassurer.

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