La méthodologie ASI au rapport de stage CESF

Beaucoup de CESF réalisent leur stage chez un bailleur social. J’ai donc souhaité mettre en ligne la méthodologie d’un plan d’action d’un ASI réalisé dans un OPHLM  qui présente plusieurs axes d’interventions dont le relogement et l’aide éducative budgétaire. Je vous ferai prochainement des articles spécifiques sur ces deux aspects très présents dans la pratique du CESF
D’ailleurs restez vigilants mais je vous préviendrai, je travaille sur des fiches politiques sociales DC4 et une méthodologie pour les réponses à donner afin que vous ayez des outils actualisés pour l’épreuve de septembre. 
Bon courage ! 

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Si vous avez eu lors des jurys blancs récemment des retours négatifs concernant vos écrits n’hésitez pas à me contacter pour une aide à la rédaction et une correction. De même après avoir rendu vos écrits je peux vous soutenir dans la reformulation de votre soutenance orale afin d’éviter de répéter ce qui figure déjà dans votre dossier en prenant de la distance. 

Accompagnement pour les étudiants en travail social
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UN PLAN D’ACTION ASI PORTANT SUR LE RELOGEMENT ET L’AIDE À LA GESTION BUDGÉTAIRE D’UN LOCATAIRE  

1La construction du plan d’action

Afin de pouvoir évaluer la situation de Monsieur dans le cadre de sa dette locative je l’ai rencontré à quatre reprises. Le premier entretien s’est déroulé au sein de l’agence, le but de celui-ci était, tout d’abord, de présenter mon rôle (stagiaire) et mes missions (missions inhérentes à celle du bailleur social avec ma spécificité de CESF stagiaire). Lors de la première rencontre Monsieur semblait peu à l’aise, j’ai tenté de le rassurer en lui expliquant que nous étions là pour entendre sa demande, recueillir ses besoins et évaluer une poursuite du travail déjà engagé concernant la dette locative dont il fait l’objet. J’ai pris conscience qu’il était important de pouvoir se positionner en étant bienveillante et dans une écoute active surtout que la phase du premier accueil est souvent compliqué à vivre pour un locataire. En effet, les entretiens avec les chargés de clientèles résultent le plus souvent d’impayés de loyer. De plus, en plus de sa dette locative, Mr J doit être relogé, et cette solution ne semble pas lui convenir.

Les objectifs de travail établis avec Monsieur

  • L’axe locatif : il s’agit de mener un travail de remobilisation de Monsieur en lui permettant de comprendre l’intérêt d’honorer son loyer mensuel et de le soutenir vers un apurement de la dette
  • L’axe budgétaire : il est convenu avec Monsieur de faire le point sur sa situation budgétaire afin d’évaluer les difficultés qu’il rencontre et de proposer une aide éducative budgétaire lui permettant d’assainir sa situation financière et d’être à jour de ses règlements
  • L’axe restauration du lien social : ce dernier axe se traduit par une écoute active et attentive de Monsieur afin qu’il se sente soutenu et en confiance qui permettrait d’engager des actions de rupture de l’isolement.  


 La mise en œuvre des actions

Au niveau locatif : lorsque j’ai rencontré Monsieur il m’a semblé pertinent de ne pas aborder directement la dette locative et le non-respect du plan d’apurement. En effet, je souhaitais davantage me positionner à travers une posture d’écoute et bienveillante tout en respectant les missions du cadre institutionnel. C’est pourquoi après m’être présenté j’ai expliqué à Monsieur mon rôle en tant que stagiaire CESF en formation. J’ai notamment mis en lumière la prédominance de l’aspect social de ma fonction associée à la technicité. Monsieur après cette première présentation semblait un peu plus apaisé. Il a de lui-même évoqué la situation locative et a exprimé une forte inquiétude face à celle-ci. Il a répété avec insistante être de bonne foi et ne pas vouloir faire l’objet d’une procédure d’expulsion. J’ai tenté de le rassurer en lui expliquant que le but de cette première était de trouver des solutions permettant le maintien dans les lieux. 

Aussi, j’ai également renvoyé à Monsieur le fait que le bailleur avait pendant longtemps essayé de trouver des solutions qui ont, semble-t-il, toutes été mises en échec par le non-respect des plans de remboursement contractualisés. Par rapport à cela Monsieur a mis en avait le fait qu’il ne parvenait pas à gérer son budget. J’ai entendu sa demande et je lui ai proposé de faire le lien avec l’assistante de service social de secteur avec laquelle Monsieur avait constitué le dossier de surendettement. Celle-ci n’était pas disponible mais j’ai pu obtenir son adresse mail et réaliser une première prise de contact. La professionnelle a pu m’expliquer par mail qu’elle a rencontré Monsieur à deux reprises afin de constituer le dossier de surendettement mais qu’elle n’avait plus eu de contact avec lui lorsque la demande a été jugée recevable par la Banque de France et que par la suite il a été orienté vers un rétablissement personnel des dettes. 

De plus, nous avons par la suite abordé la dette locative avec Monsieur. Je lui ai demandé comment il envisageait la situation et il m’a expliqué qu’il était en capacité de contractualiser à nouveau un plan d’apurement. J’ai mis en évidence l’intérêt de se mobiliser mais que le chef d’antenne pourrait refuser cela au regard de la mise en échec successive des plans précédents. Je lui ai alors proposé de ne pas s’engager de façon précipitée par écrit mais de prouver sa bonne foi au bailleur en reprenant l’intégralité du loyer courant et de verser en sus une somme que nous pourrions convenir ensemble. Monsieur a d’abord proposé 100 € puis je lui ai expliqué qu’au regard de ses ressources il pouvait être compliqué de maintenir cette somme à moyen terme c’est pourquoi d’un commun accord Monsieur s’est engagé oralement à verser 50 € en plus de son loyer courant. 
Par ailleurs, nous avons constaté avec Monsieur qu’en raison du départ de sa femme vers le sud de la France l’appartement lui semblait trop grand. En effet, il réside seul dans un logement de type 4 pièces. Je lui ai fait part de la possibilité de soumettre une demande de mutation auprès de la Commission d’Attribution de Logement (CAL) afin de procéder au changement de domicile ce qui permettrait également de baisser le montant de son loyer courant. Monsieur a tout d’abord exprimé un refus. En effet, il expliquait avoir des souvenirs dans cet appartement et il pense que sa femme pourrait revenir au domicile. J’ai entendu les raisons évoquées par Monsieur et je lui ai expliqué qu’il pouvait réfléchir à cette idée et me donner une réponse par la suite. Après trois mois d’accompagnement nous avons constaté le respect du paiement du loyer courant et du plan d’apurement.
Monsieur a exprimé sa satisfaction face à la tenue de son engagement et explique être « enfin sur la bonne voie ». Me concernant j’ai valorisé cette remobilisation tout en lui signifiant la nécessité de respecter l’engagement qu’il a pris au risque de ne plus pouvoir obtenir de délais de la part du bailleur. Monsieur semblait avoir saisi le sens de cette intervention et a formulé le souhait de contractualiser un plan d’apurement avec le chargé de clientèle.  Lors de la signature du plan d’apurement le changement de logement du T4 vers un T2 a été abordé par la chargée de clientèle. Ce dernier a montré à Monsieur plusieurs logements types et le montant des loyers correspondant. Monsieur s’est rendu compte de l’impact budgétaire que pourrait avoir cette mutation. Après quelques jours de réflexion il a accepté de réaliser une demande de changement de logement.  Après avoir pris connaissance de cet élément j’ai tout d’abord échangé avec le chef d’agence car il me semblait que les mutations ne pouvaient pas être proposées lorsque le locataire fait l’objet d’une dette locative. Effectivement cela est vrai dans la grande majorité des situations toutefois le bailleur a expliqué que cette baisse de loyer pouvait avoir un réel impact sur la situation budgétaire de Monsieur et par conséquent du respect des engagements pris. Surtout le bailleur a également mis en évidence le fait que de  nombreuses familles sollicitent de grand logement et qu’il convient également de promouvoir les mutations des personnes vivant seules vers des logements de type T1/T2. 
En conséquence et sachant que Monsieur pouvait avoir des difficultés à s’organiser dans ses démarches administratives je lui ai proposé de le soutenir dans l’élaboration de sa demande de mutation. En parallèle je lui ai proposé de transmettre à la CAL un courrier de ma part servant d’appui social.  Monsieur a été en capacité de remplir seul le formulaire CERFA relatif à la demande de logement social et a pu apporter les justificatifs demandés.
De mon côté j’ai réalisé en la présence de Monsieur un courrier mettant en évidence l’intérêt d’une mutation. Monsieur souhaitait exprimer davantage d’éléments provenant de son intimité. Je lui ai dit expliqué que j’étais présente dans son intérêt mais qu’a priori il fallait plutôt rester distancié dans le courrier car les commissions ne sont pas tenues de recueillir tous les éléments privés d’un locataire. J’ai laissé le choix à Monsieur et finalement il a souhaité que le courrier ne laisse apparaitre que les stricts éléments relatifs à sa situation locative.  Finalement le dossier réalisé par Monsieur et le courrier que j’ai rédigé ont été transmis au service compétent et nous restons dans l’attente d’un passage en commission. Il a été rappelé les difficultés d’accès à un logement social à Monsieur en raison de l’inadéquation de l’offre locative et la demande des personnes. Il a entendu cela et a compris l’intérêt de se tenir disponible dès la sollicitation de la CAL.
Au niveau budgétaire : j’ai dans un premier temps proposé à Monsieur de convenir d’un autre rendez-vous afin d’aborder cet aspect. Je lui ai également demandé de m’apporter des justificatifs de ses dernières ressources et de ses charges. Lors de cette rencontre, j’ai pu constater une déstabilisation budgétaire liée d’une part à des ressources particulièrement fragiles et d’autre part à des charges et des impayés élevés (voir annexe). Le reste à vivre par jour de Monsieur est de 6.7 €.La dette la plus élevée concerne les impayés de loyer s’élevant à 1665euros. 

Par ailleurs il apparait que Monsieur honore le versement d’une mutuelle à hauteur de 57 € par mois. Je lui ai proposé de réaliser une simulation permettant d’évaluer le droit à la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU C). Suite à cela il s’est avéré que Monsieur dépasse les plafonds fixés par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) toutefois nous avons réalisé une demande d’Allocation Complémentaire Santé (ACS). Celle-ci permet pour les personnes qui dépassent le seuil d’attribution de la CMU C de bénéficier d’un chèque d’un montant variable selon la situation familiale. Si la demande est acceptée ce chèque est versé à la mutuelle et permet de réduire le montant des versements. Monsieur a été en capacité de réaliser seul la demande, il a toutefois souhaité que j’apporte un dernier regard avant l’envoi postal. 
De plus et au-delà des factures apportées Monsieur a tenu à me déposer ses relevés de compte car il dit ne pas comprendre certains prélèvements. Me concernant j’étais  tout d’abord réticente par rapport à cela, Toutefois j’ai pu échanger avec ma référente de terrain et celle-ci m’a fait prendre conscience qu’en aucun cas il s’agissait de réaliser une sorte de contrôle social de ma part mais qu’à l’inverse la demande émanait de Monsieur et surtout elle me permettrait de pouvoir évaluer l’aspect budgétaire de celui-ci dans sa globalité. J’ai pris conscience que je pouvais me servir de ce relevé de compte non pas de façon intrusive et moralisatrice mais en tant qu’outil permettant d’améliorer la situation sociale et financière de Monsieur. Ainsi j’ai proposé à Monsieur que nous regardions ensemble ce relevé. Il est apparu plusieurs prélèvements que Monsieur ne parvenait pas à expliquer notamment ceux provenant de crédit à la consommation. Monsieur m’a expliqué qu’il a par moment souscrit à des cartes de fidélité auprès de certains commerçants et qu’il signait des documents qu’il ne comprenait pas. Aussi, selon ses dires, son conseiller bancaire lui soumettrait la signature de plusieurs produits en contrepartie il ne supprimerait pas son découvert autorisé. 
J’ai pris conscience à ce stade que la situation de Monsieur nécessitait un accompagnement budgétaire et que me concernant je ne pourrai pas le mener à son terme du fait de la fin imminente du stage. Aussi ma référente m’a expliqué que ce type d’intervention axée sur le budget ne faisait pas partie des missions du bailleur et qu’il conviendrait d’orienter Monsieur vers le service adapté. J’ai pu évoquer ce point avec Monsieur qui semblait frustré de ne pas poursuivre ce type d’accompagnement au sein des locaux du bailleur. J’ai tenté de le rassurer en lui expliquant que nous prendrions contact ensemble avec le service adapté et que nous pourrions faire une concertation avec le professionnel désigné pour mener à bien cet accompagnement budgétaire. J’ai donc demandé l’autorisation à Monsieur de contacter le Centre Medico Social du secteur afin de connaitre les modalités d’accueil et d’accompagnement par les professionnels de cette institution. La chargée d’accueil a pu nous renseigner en expliquant qu’une Conseillère en Economie Sociale et Familiale pouvait recevoir et intervenir auprès des personnes lorsqu’une problématique budgétaire était constatée. En revanche pour toute autre problématique (santé, enfance, violences conjugales …) ce sont les assistants de service social qui sont mandatés. La chargée d’accueil a proposé à Monsieur un rendez-vous trois semaines après la prise de contact afin de faire le point sur sa situation et évaluer si un accompagnement lui sera proposé. 
Me concernant et au regard de l’impayé locatif j’avais pris connaissance d’une aide financière pouvant être attribuée par la caisse de retraite complémentaire. J’ai informé Monsieur de cela et je lui ai proposé d’appeler lui-même à mes côtés cet organisme afin de savoir si cette aide pouvait lui être proposée. La professionnelle a expliqué que les attributions financières étaient exceptionnelles mais que sa demande pouvait passer en commission afin de l’évaluer. Elle a souhaité que je prenne le relais car seuls les travailleurs sociaux peuvent réaliser de telles demandes. J’ai ainsi pris connaissance des pièces à produire et cette personne pouvait me transmettre par voie postale le dossier à compléter.  Dès la réception de celui-ci j’ai contacté Monsieur afin que nous finalisions cette demande et qu’il apporte les justificatifs nécessaires. Le dossier a pu être transmis à la caisse de retraite complémentaire. 
Au regard de l’isolement de Monsieur : En effet, Monsieur avait évoqué lors du premier entretien certains éléments de son histoire personnelle et familiale. J’ai rapidement mesuré la solitude dans laquelle il se trouvait et du désarroi ressenti depuis le départ de son épouse. J’ai souhaité creuser cet élément car je ne parvenais pas à comprendre le fonctionnement instauré. Monsieur a expliqué que sa femme, ne trouvant pas d’emploi dans la région, a préféré se rapprocher de membres de sa famille dans le sud de la France qui pouvait lui proposer un emploi. Monsieur pensait que cela serait temporaire mais la situation dure depuis cinq ans. Monsieur a révélé ne pas l’avoir revue depuis car « elle travaille beaucoup » selon ses dires. En ce qui me concerne je n’avais pas de jugement à apporter par rapport à cette situation toutefois j’évaluais également des difficultés chez Monsieur à se remobiliser depuis ce départ puisqu’il explique ne pas entretenir de lien social avec son environnement et sortir très peu. Je lui ai demandé si depuis son arrivée dans la région il n’avait pas fait de rencontres amicales mais il me répondit que cela ne l’intéressait et qu’il avait du mal à entrer en contact avec des inconnus. Je l’ai informé de la présence au sein du centre social du quartier de plusieurs activités proposées aux personnes seules ou accompagnées et que s’il le souhaitait je pourrai le mettre en lien avec cette structure. Il était hésitant et a quand même pris les coordonnées du centre. 

Le relogement de Monsieur : peu de temps avant la fin de mon stage Monsieur est passé en CAL et s’est vu attribuer un T2 dont le loyer s’élève à 357,56 euros charges comprises soit 121, 30 € de moins que le logement qu’il occupe actuellement. A l’annonce de cette mutation Monsieur démontrait des signes à la fois de satisfaction mais également d’anxiété. J’ai tenté de comprendre les difficultés ressenties et il m’a expliqué qu’il aurait beaucoup de mal à déménager ses affaires du fait d’avoir conservé de nombreux bien mobiliers. Je lui ai expliqué que ce déménagement pouvait être l’opportunité de faire le tri des objets superflus et de redémarrer dans un nouvel environnement locatif. Monsieur ne s’est pas beaucoup exprimé par rapport à cela. 
Aussi, il exprimait des craintes face au paiement du dépôt de garantie demandé. C’est pourquoi nous avons réalisé une demande auprès du Fonds de Solidarité Logement « accès » (FSL accès) qui permet en cas d’accord de financer ou de prêter le montant correspondant au dépôt de garantie mais aussi au premier mois de loyer et à l’assurance habitation.  J’ai pu constituer le dossier et le transmettre au service départemental chargé de gérer les demandes de FSL. Enfin il a été proposé à Monsieur une date permettant de visiter le nouveau logement et de réaliser l’état des lieux du logement qu’il occupait. Si la visite s’est déroulée de façon positive Monsieur a repoussé à plusieurs reprises la date de l’état des lieux. J’ai tenté de comprendre cette réticence à réaliser cette démarche et je lui ai expliqué que cela ne remettait pas en cause la mutation. Aussi, j’ai tenté de le rassurer en lui expliquant que même si l’appartement n’était pas rendu dans le même état qu’à son arrivé des possibilités de travaux peuvent être mises en place par le bailleur. Je n’ai pas assisté à l’état des lieux car j’avais une réunion prévue avec certains partenaires du bailleur. Toutefois les gardiens ayant participé ont fait part au bailleur d’un entassement particulièrement préoccupant de meubles, de biens, d’affaires et de produits alimentaires déjà déballés. Il semblerait également que l’hygiène du lieu ait été mise à mal par les détritus laissés au sein du logement. A présent je comprends mieux les réticences de Monsieur. En effet, il ressentait un sentiment de honte face à l’état de son domicile. Le corps médical qualifie ce type de comportement comme un syndrome, celui de Diogène. Je ne suis évidemment pas en mesure d’apporter un diagnostic médical face aux actes de Monsieur J toutefois cela traduit un mal-être encore plus profond que je ne l’avais évalué. En effet, cette situation d’incurie représente une atteinte à la dignité des personnes qui en sont victimes et voire un danger pour leur santé. Afin de mieux cerner les enjeux de cette situation j’ai réalisé des recherches et j’ai compris que selon le Docteur FURTOS l’incurie à savoir l’entassement de journaux et d’objet et de déchets putrescibles était la résultante d’un abandon de soi et d’un désinvestissement de son identité. 
Lors du dernier entretien réalisé avec Monsieur j’ai souhaité revenir sur ce point car je souhaitais que Monsieur sache qu’il pouvait être aidé par des acteurs médicosociaux s’il en ressentait le besoin. Monsieur exprimait une gêne et en même temps et contre toute attente il a pu mettre des mots sur cette situation. Il a ainsi expliqué qu’il s’est laissé depuis le départ de son épouse et qu’il ne trouve aucun intérêt à améliorer son habitat car de toute façon il ne s’y sentait pas bien. Il a terminé par le fait que cette mutation sera un nouveau départ et la possibilité de se reconstruire dans un environnement dénué de souvenirs qui le rendent nostalgiques. 
A l’issue de ce dernier entretien j’ai expliqué à Monsieur la fin de mon stage et la passation vers une autre chargée de gestion locative. Il a exprimé une profonde gratitude vis-à-vis de l’accompagnement social proposé et de la bienveillance du bailleur et de son équipe par rapport à sa situation. Me concernant je l’ai également revalorisé par rapport à ses avancées et ses acquisitions. Lors du relogement il lui a été proposé une mesure d’accompagnement social lié au logement afin de le soutenir dans l’intégration des lieux et de bénéficier d’un soutien personnalisée. En effet, ce type de mesure est exercé par le secteur associatif via des salariés de formation sociale (CESF, Assistante de service social, Educatrice) afin de proposer un accompagnement adapté à la personne

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