Méthodologie et exemple du TFE ou mémoire chez les infirmiers (IDE)

Dans le cadre de vos études d’infirmiers (IFSI) vous allez par exemple devoir rédiger et donc valider un mémoire de recherche à dimension professionnelle. Cette méthodologie requiert une maitrise des enjeux liés à la note de recherche pour l’obtention de l’unité d’enseignement UE 3.4.
Me concernant, j’accompagne un grand nombre d’étudiants infirmiers dans la réussite de leur mémoire IDE qu’il s’agisse de sélectionner le sujet, de définir la situation d’appel, d’élaborer la phase exploratoire théorique, de mettre en lumière l’enquête de terrain et de valoriser les analyses en lien avec le croisement « cadre conceptuel et citations des professionnels de santé » notamment dans la partie problématique, hypothèse et question de recherche.

Dans cet article je vous propose un exemple de situation d’appel et d’une analyse de celle-ci afin que vous puissiez appréhender, en partie, ce que votre jury TFE attend de votre mémoire.

Bonne lecture !

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En tant que correcteur et formateur/juré mémoire n’hésitez pas à me contacter sur mon numéro de téléphone ou via le planning en ligne afin que l’on puisse échanger ensemble de vos difficultés et identifier la manière la plus adaptée de vous guider dans l’écriture de votre mémoire.

Correction, relecture et réécriture du mémoire infirmier IDE
Correction, relecture et réécriture du mémoire infirmier IDE

•    1 SITUATION D’APPEL DU TFE OU MÉMOIRE INFIRMIER

Étudiante en 1ère année d’institut de formation en soins infirmiers, j’effectue mon premier de stage dans un établissement dédié spécifiquement aux adolescents et jeunes adultes. Dans le cadre d’une prise en charge « soins-études-insertion » afin que la maladie ou l’accident n’induise pas une rupture scolaire du jeune patient, voir une désinsertion sociale. A ce jour, la capacité d’accueil est de 186 lits et places auxquels s’ajoutent 29 postes de dialyse. Les patients ont à leur disposition: une structure d’hospitalisation accessible, dotée d’un plateau technique moderne et performant; une prise en charge des troubles psychologiques associés; un pôle socioéducatif renforcé pour mener à bien des projets de réadaptation et éducatifs spécialisés.

Je prends en charge de Melle D  étudiante, âgée de 21 ans. Cette patiente est arrivée le  24/11/2015 à 16h30 dans le service de MPR (Médecine Physique et Réadaptation) pour une prise en charge rééducative à la suite de l’attentat du 13/11/2015 à Paris.
Nous sommes le 25/11/2015, il est 07h30 lorsque toute l’équipe paramédicale se rend dans le poste de soins pour les transmissions. L’infirmière de nuit nous présente alors une patiente arrivée la veille « Melle D âgée de 21 ans passagère d’une voiture dans laquelle elle fut blessée par une rafale de balles le 13/11/2015. Cette dernière a été transférée aux urgences de l’hôpital où le bilan lésionnel met en évidence une fracture ouverte de la diaphyse fémorale gauche et une plaie par balle sans fracture au pied gauche ».
Un bruit de fond s’installe dans le poste de soins lors des transmissions, tous les membres de l’équipe discutent de cet évènement qui a marqué les esprits. J’ai perçu à ce moment –là une tension vive et palpable.

Il est environ 08h30 quand nous commençons notre tour avec l’infirmière. Je lui fais part de mes appréhensions, en effet j’appréhende fortement de me rendre dans la chambre de la patiente, car j’ai un sentiment de peur et d’inquiétude quant à la  charge émotionnelle que je pourrais lui renvoyer. L’infirmière me propose, en soutien, de me rendre avec elle afin de finaliser le recueil de données et par la même occasion de planifier les soins de la journée. Elle m’accompagne ainsi dans la chambre de la patiente pour nous présenter dans un premier temps, puis lui demander ses heures de kinésithérapie afin d’anticiper la réfection de ses pansements. Malgré ce sentiment ambivalent qui croise l’envie d’aider et la crainte de ma réaction, je décide d’accompagner l’infirmière. Celle-ci frappe à la porte et attend l’autorisation d’entrée de la jeune femme. En entrant nous appuyions sur le bouton de présence et saluons la patiente. A ce stade j’ai souhaité poser mon regard sur la patiente de façon à lui faire part de mon soutien qui toutefois pouvait se mêler à une forme de compassion.
En effet, l’ambivalence de mes émotions m’atteint car cette situation me touche tout particulièrement surtout qu’une personne très proche de mon entourage est décédée au cours de ces attaques. Dès lors, je comprends que je ressens de la douleur et que j’éprouve de la sympathie pour cette patiente plutôt qu’une posture distanciée et empathique.

Nous trouvons la patiente sur son lit la jambe gauche tendue avec une attèle et la jambe droite croisée avec des documents et un ordinateur portable étalés sur son lit ; Elle nous accueille avec un grand sourire et s’excuse du désordre de sa chambre. La jeune femme nous informe que ses amis lui apportent les cours. En effet, celle-ci continue d’étudier malgré ce qui lui est arrivé. Je trouve la patiente détendue, avenante et parvenant à s’exprimer sans difficultés. Tous ces facteurs me rassurent et me soulagent bien que je reste animée d’une incompréhension du fait du caractère traumatisant, je le suppose, de ce qu’elle a vécu et qui aurait pu la positionner en état de choc.

L’infirmière se présente et se rendant compte que je reste figée sans être en capacité moi-même d’intervenir, celle-ci prend l’initiative de me présenter puis de lui expliquer l’organisation du service. Suite à cela elle lui demande son consentement pour les soins ce que la patiente accepte. Nous fixons le rendez-vous pour la réfection du pansement pour 09h30. L’infirmière lui propose un antalgique qui est prescrit si besoin ce qu’elle a d’ailleurs accepté car sa douleur est évaluée à 4/10 à ce moment-là. Lorsque nous sortons de la chambre, l’infirmière me murmure qu’elle a bien remarqué mon comportement face à la patiente et me demande de m’exprimer sur mon ressenti. Je lui réponds que je suis très surprise voire déstabilisée par l’attitude de cette jeune femme. Je la trouve très forte, courageuse et très mature pour son âge. L’infirmière me propose alors de faire le pansement. J’accepte car je suis apaisée et rassurée de l’état psychologique et physique de la patiente. 

Quand nous retournons dans la chambre, la jeune femme est prête et nous attend. Elle nous accueille à nouveau avec un joli sourire, qui me surprend, persuadée qu’il cache en réalité une profonde détresse. Je commence le soin pendant que l’infirmière discute avec elle. Malgré tout je reste muette par peur d’être maladroite. Alors qu’un climat de confiance s’installe naturellement entre la patiente et l’infirmière, je ne me sens pas prête et n’ose participer à la conversation, ni la regarder. Je préfère me concentrer sur le pansement de la patiente.
L’infirmière mène son entretien et lui pose des questions sur les attentats, je me sens gênée et j’aurai préféré éviter le sujet afin de ne pas la brusquer ou de la mettre mal à l’aise.
Dans un premier temps, je me demande pourquoi l’infirmière entre aussi vite dans le vif du sujet et l’interroge aussi rapidement. Veut-elle évaluer son état psychologique ou est-ce une réaction de curiosité pouvant être compréhensible au vu de la situation ? Ou encore souhaite-t-elle  savoir à quel stade post traumatique se trouve la patiente ? En ce sens et peu importe la motivation initiale, ces interrogations m’ont interrogée.

A mon étonnement, la patiente nous confie son histoire dans les moindres détails, avec une telle facilité, que je me demande si finalement elle n’est pas en état de choc ? En effet, elle semble détachée et banalise voire rationalise les faits. : « Je suis en voiture avec mon ami, lui conduit et moi passagère. Nous sommes arrêtés à un feu rouge quand soudain la voiture devant nous fait une marche arrière. Mon ami klaxonne pour éviter un accrochage. Cette voiture finalement grille le feu rouge, nous ne comprenons pas ce qu’il se passe. Mon ami a la main droite sur le volant et la main gauche sur la boite de vitesse. Nous voyons les gens courir de partout. Et là, nous  commençons à comprendre que quelque chose d’anormale se passe. En l’espace d’un instant, nous entendons un coup de feu. Ensuite, mon ami n’entend plus rien pendant 5 secondes, il regarde sa main ensanglantée et me fait remarquer que je perds moi-même beaucoup de sang. Nous ne sentons aucune douleur sur le coup. La balle qui a touché la main droite de mon ami est la même balle qui a touché ma jambe puis mon pied gauche. Paniqués nous sortons de la voiture. Un homme vient à notre secours. Celui-ci enlève sa veste puis me la donne pour que je puisse faire un point de compression sur ma plaie. Puis, il me porte jusqu’à un restaurant pour me mettre à l’abri. Ensuite, cet homme repart porter secours à d’autres victimes. C’est un moment horrible. J’ai très froid mais dieu merci les secours  arrivent rapidement ».

A ce stade je suis particulièrement affectée et peinée pour cette patiente. L’infirmière et moi-même n’avons verbalisé aucune parole tellement nous étions bouleversées. Nous écoutons la patiente et observons sa gestuelle et son langage non verbal, à la recherche d’élément nous permettant de mieux comprendre son comportement détaché et distancié. Elle nous apprend finalement que depuis ce jour elle n’arrive plus à dormir le soir. Au démarrage de ces troubles elle prenait des anxiolytiques mais elle a souhaité interrompre ce traitement par crainte d’être dépendante. Elle nous dit enfin que son ami quant à lui s’est complétement replié sur lui-même. Ainsi, il se serait consacré pleinement à sa religion et son attitude à présent serait plus sage qu’auparavant.

•    1.1 ANALYSE DE LA SITUATION D’APPEL AU MÉMOIRE INFIRMIER

•    1.1.1 Point de départ, analyse de mes émotions/mes sentiments

Dès que j’ai eu connaissance de l’admission de cette jeune patiente et avant même de la rencontrer, j’étais déjà envahie par des émotions et de l’anxiété. Au départ, j’appréhendais fortement d’aller à sa rencontre en l’imaginant traumatisée d’avoir vécu cette situation. Je ne sais pas comment gérer cette relation et me laisse complètement submergée par mes émotions. Je suis envahie par un sentiment de peur et me sens en danger dans ma posture professionnelle. Je suis très surprise de ma réaction, c’est la première fois que je me retrouve dans cet état de panique qui me fait perdre mes moyens et mes capacités de soignante.  Le simple fait de ne pas être seule avec la patiente me rassure, sans compter que le fait de faire les soins en plusieurs temps me permet de reprendre confiance progressivement même si j’ose à peine m’adresser à la jeune femme.
De plus, le peu d’informations que nous avons eues sur l’état de la patiente lors des transmissions a perturbé ma prise en charge. Par conséquent j’ai tenté de combler le vide en imaginant et en ressentant sa détresse et son mal-être.

A l’issue de ces constats je me rends compte que ce sont mes propres émotions et affects que j’ai renvoyés sur la situation de cette patiente. En effet, j’étais déjà très déstabilisée par ces évènements au niveau personnel et j’évalue que cette difficulté s’est engagée dans la relation soignant/soigné. Pourtant, celle-ci devrait être dans l’idéal dénuée d’affect car en tant qu’IDE nous avons une responsabilité éthique et déontologique vis-à-vis du patient qui attend de nous un positionnement affirmé et soutenant.

•    1.1.2 Éléments principaux identifiés dans cette situation au TFE ou mémoire Infirmier

•     1.1.2.1 Syndrome post traumatique

Le comportement de la patiente semble tout à fait mesuré et rationnel. Neuf jours se sont écoulés depuis l’attentat et la patiente nous délivre son histoire de manière très détaillée, faisant penser au rapport de police qui a dû être établi après sa déposition. Elle exprime avec simplicité ne plus vouloir prendre des anxiolytiques de peur d’être dépendante, et elle nous expose les répercussions de cet attentat sur son ami qui sont totalement différentes des siennes. Face à ses dires, elle semblait vouloir démontrer qu’elle maitrisait la situation.

•    1.1.2.2 Mécanismes de défense

Nous pouvons penser que des mécanismes de défense ont été mis en place par cette jeune patiente afin de faire face au choc traumatique. Plusieurs mécanismes de défense peuvent être évoqués ici tels que : la maitrise, la distanciation, la banalisation ou encore la dénégation. L’infirmière ainsi que moi-même avons également adopté des stratégies de protection face à cette situation. Pour ma part, l’arrivée de cette patiente, m‘a fait revivre ma propre douleur face à la perte d’un de mes proches. Aussi cela m’a amené à m’identifier à elle. Par conséquent, le fait de vivre ses émotions souligne la présence d’autres mécanismes de défenses tels que  le contre-transfert ou l’identification ou encore la projection

•     1.1.2.3 Relation soignant soigné :

Du côté de l’infirmière, il est possible que celle-ci tente au travers de ses questions d’amorcer une relation d’aide. Cela pourrait en effet s’agir d’un mode d’intervention visant à entrer en contact avec elle en commençant par la rassurer et gagner sa confiance. En effet, la première étape de la relation soignant-soigné réside en la capacité d’instaurer un climat de confiance.

Me concernant, je me concentre uniquement sur les soins même si j’ai conscience de me positionner dans une forme d’évitement. Ainsi je fuis la réalité sans doute parce que je n’ai pas encore pu moi-même réaliser ce travail de deuil face à la perte d’un proche.
Toutes ces émotions me perturbent et j’ai peur de me mettre en difficulté par rapport à ma posture professionnelle. En effet, je me rends compte que ma sensibilité et mon manque d’expérience par rapport à la situation me fragilisent pour maintenir une juste distance relationnelle. Pourtant, je sais que cet équilibre est nécessaire pour établir une relation soignant soigné adaptée

J’espère que cet exemple méthodologique du mémoire ou TFE infirmier vous aura aidé à mieux aborder la rédaction de votre écrit.

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